Mohamat Zanah: le miraculé

Par Charles Tayo Jiofack

Les récentes attaques de la section islamiste Boko Haram dans le Nord du Nigéria ont entraîné des déplacements de milliers de nigérians et de retournés tchadiens qui ont pris refuge sur le territoire tchadien. Parmi les personnes déplacées se trouvent des enfants non accompagnés.

Mohamat Zanah, un bébé de six mois est parmi la centaine d’enfants non accompagnés qui se trouvent dans les camps de réfugiés à Bagassola et dans d’autres villages tchadiens proches de la frontière avec le Nigeria. L’enfant semble être en bonne santé et sa tutrice, Haoua Nassirou, une réfugiée nigériane, rassure qu’il prend du lait artificiel depuis qu’il a été retrouvé dans la nuit, tout seul, pleurant sur le corps inerte de sa mère, tuée par les membres de la secte islamiste Boko Haram.

La jeune réfugiée raconte que l’attaque de Boko Haram dans son village Doro Baga a eu lieu au petit matin alors que le village s’apprêtait à se réveiller comme d’habitude. Elle a encore en mémoire les coups de feu tirés par les assaillants et surtout l’image des corps sans vie des personnes qu’elle connaissait très bien et avec qui elle avait vécu jusque-là.

Grâce à Allah, dit-elle, ses huit enfants et elle ont pu échapper à la tuerie pour rejoindre les bords du Lac Tchad où ils ont pris une pirogue pour se réfugier en territoire tchadien. C’est au cours de la fuite vers le lac, poursuit-elle, qu’elle a découvert un bébé pleurant sur le corps sans vie de sa mère. Malgré la difficulté qu’elle éprouvait déjà à trainer huit enfants dans la nuit, elle a décidé de prendre le petit garçon avec elle. ‘Je ne pouvais pas l’abandonner’ dit-elle en le regardant avec affection. Depuis cette fameuse nuit où leurs destins se sont croisés, elle prend soin de lui autant qu’elle le fait de sa dernière fille qui est née il y a juste trois semaines.

Mohamat Zanah et les autres enfants non accompagnés ont désormais un abri et sont en sécurité dans des familles d’accueil. Pour l’instant, le souci majeur de la jeune maman est de nourrir et de soigner les deux nourrissons dont elle a la charge. Elle et son mari ont tout perdu et ne dispose pas de moyens financiers pour subvenir aux besoins de leur famille. Malgré tout cela, l’espoir existe. Le Gouvernement du Tchad et la communauté humanitaire sont à leur chevet et les réfugiés en sont reconnaissants. Mais au-delà de cette assistance nécessaire au vu de la situation actuelle, Haoua, comme d’autres réfugiés, rêve du jour où elle rentrera dans son village, un village pacifié où elle pourra continuer à éduquer ses enfants.

L’avenir des enfants non accompagnés ou même de ceux qui ont leurs parents auprès d’eux, dépend largement de l’évolution de la situation dans les mois à venir. ‘Si nous avons la chance de rentrer, je pourrais soit remettre le petit Mohamat Zanah à sa famille biologique ou alors le garder indéfiniment’, conclut Haoua.

Pour les responsables de la Delegation de l’Action Sociale et de l’UNICEF, l’exemple de Haoua Nassirou mérite d’être encouragé et émulé par d’autres personnes afin de redonner espoir aux nombreux enfants qui n’ont plus d’attache familiale suite aux différents conflits.

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