Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie

Par Badre Bahaji

Le centre de santé revitalisé d’Atrone, un espace vital pour les mères et les enfants de N’Djaména

N’Djaména – 11 mai 2015. Ablamti Fanta, 29 ans, vend des pagnes au grand marché pendant que ces deux plus grands enfants de cinq et neuf ans sont à l’école. Sa petite dernière, Halali Adora, six mois, l’accompagne au marché tous les jours. Mais en cette chaude matinée, elles ne sont pas allées au marché mais au centre de santé d’Atrone pour se faire vacciner: «Une tante m’a conseillé de venir ici quand je suis tombée enceinte et j’ai été suivie jusqu’à mon accouchement. Le centre est vraiment bien, les femmes sont accueillantes et prennent le temps de conseiller les mamans qui sont très jeunes parfois. Le matériel est neuf et on respecte vraiment l’hygiène ici.»

Roselyne Tallot est la Sage-Femme Principale, responsable du centre de santé urbain d’Atrone en périphérie de N’Djaména. «La revitalisation du centre a permis de rénover nos infrastructures, notre équipement mais aussi de remotiver les équipes et de mieux accueillir les patients. C’est important d’être proche d’eux. »

Des solutions simples existent pour freiner la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Pourtant, trop de mamans et d’enfants meurent au Tchad. Le Fonds français Muskoka soutient l’accès aux soins de santé de qualité et le renforcement du système de santé au Tchad. Le Fonds a notamment permis de financer la revitalisation, l’équipement et la formation des personnels de centaines de centres de santé urbains, comme celui d’Atrone, sur tout le territoire.

Ablamti Fanta décrit sa grossesse : « Pendant la consultation prénatale, j’avais peur de me faire dépister et je pensais que la transmission du VIH/Sida à l’enfant était inévitable. Finalement, les sages-femmes m’ont bien expliqué, je me suis fait dépister et je suis négative. Je comprends comment ça marche maintenant», dit-elle, fièrement, avant d’ajouter « certaines femmes ne croient pas à la vaccination et négligent la santé de leurs enfants. J’ai changé d’avis sur la vaccination aussi parce que j’ai compris qu’en respectant le calendrier des vaccinations, mon enfant sera mieux protégé.»

Le Tchad compte parmi les pays au monde dont les indicateurs en matière de santé maternelle et infantile sont les plus préoccupants. Selon les dernières statistiques disponibles[1], le taux de mortalité maternelle est de 1.084 décès pour 100.000 naissances vivantes et seulement une femme sur cinq accouche en présence d’un personnel qualifié. La mortalité infantile est tout aussi inquiétante, un enfant sur cinq n’atteint pas son cinquième anniversaire.

Roselyne Tallot décrit humblement les résultats de son établissement « Dans le centre, tous les mois, nous faisons environ cent cinquante accouchements, plus de sept cent consultations prénatales et deux cent dépistages. Le rythme est difficile mais le personnel a le courage et la volonté pour faire face aux défis quotidiens. »

« L’accouchement a été un peu difficile parce qu’elle avait les pieds en avant. Les infirmières ont vite réagi, elles ont appelé l’ambulance qui est venu me chercher et on m’a transféré à l’hôpital Mère et Enfant. Finalement tout s’est bien passé et ma fille est en excellente santé !» conclut-Ablamti, réjouie.

[1] http://www.inseedtchad.com/IMG/pdf/mics_2010_tchad_resume_executif.pdf

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