« Un pays ne peut pas se développer sans sécurité nutritionnelle »

Interview de Monsieur Cheikh MH Dehah
Le professeur Cheikh Dehah, consultant international et enseignant à l’Université de Nouakchott en Mauritanie a fait le déplacement au Tchad à l’occasion du Forum National sur la Nutrition.
Pr Cheikh Dehah, consultant international et enseignant à l’Université de Nouakchott en Mauritanie. ©UNICEF Chad/2015/Nour
Pr Cheikh Dehah, est enseignant à l’Université de Nouakchott en Mauritanie.
©UNICEF Chad/2015/Nour

Pourquoi la nutrition est-elle si importante pour le développement d’un pays ?

Je pense qu’il y a un travail de plaidoyer et de communication à faire pour expliquer aux décideurs que la sécurité alimentaire est le socle, la base de tout développement. Un pays ne peut pas être souverain sans sécurité alimentaire mais un pays ne peut pas se développer sans sécurité nutritionnelle. Il faut que les deux soient ensemble pour atteindre la résilience qui est le résultat du développement. La résilience c’est la durée.

« Investir dans la nutrition peut augmenter le PIB d’un pays de 8 à 11% »

C’est lors des évènements du Niger, je voudrais parler ici de la sécheresse et de la famine qui a sévit au Niger en 2005-2006, que la communauté internationale s’est rendue compte que tous les pays du Sahel sont concernés car on y rencontre les mêmes conditions climatiques et socio-économiques. Malgré les efforts du gouvernement, cette malnutrition persiste et même augmente et a un impact sur l’augmentation de la mortalité maternelle et infantile.

Des études démontrent qu’investir dans la nutrition n’est pas une perte d’argent, au contraire, en investissant 1 dollar dans la nutrition, les gouvernements peuvent gagner 30 dollars. Investir dans la nutrition peut augmenter le PIB d’un pays de 8 à 11%.

Il y a certes une volonté politique ainsi que le soutien des partenaires pour une action à longterme, mais en même temps, le pays continue de souffrir de la malnutrition chronique. Selon vous, comment devrait-on gérer ces deux dimensions?

On ne peut pas programmer l’urgence mais beaucoup de programmes de moyen et de long terme ne sont pas assez mis en exergue. Il faut donc évidemment réagir aux problèmes d’urgence mais en même temps développer des politiques et mettre en place tout un système qui vient les appuyer.

Quel sera l’impact de ce forum pour les enfants du Tchad, notamment ceux de la bande sahélienne qui est la région la plus touchée par la malnutrition ?

Le pays doit s’engager de façon autonome et continuer à prendre en charge tous les paquets d’intervention dont un enfant a besoin. Les politiques et les actions concrètes de mise en œuvre doivent se concentrer sur l’amélioration des services, pour les rendre durables et plus proches de la population.

Quelles sont les prochaines étapes ?

La prochaine étape consistera à affiner les axes d’intervention de la politique et du plan d’action. L’UNICEF, qui est l’un des partenaires clés dans cette démarche, doit continuer à jouer son rôle de leader pour la mise en œuvre de cette politique et poursuivre ce plaidoyer pour son adoption rapide.

Pour finir, avez-vous un message spécifique à faire passer ?

Investir dans la nutrition est, je pense, une politique intelligente de développement. La sécurité alimentaire est un acte souverain, la sécurité nutritionnelle est un acte de développement, la résilience est une finalité. Si ce slogan est compris, les résultats suivront.

Propos recueillis par Aicha Nour

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s