Récolter le Dividende Démographique

Malngaye Adam se repose en cette chaude après-midi sur à l’ombre de sa maison de paille à Tagal, un village parmi d’autres sur les rives du lac Tchad. « La vie est devenue très difficile », dit-il, accopagnée de sa femme et de ses 10 enfants.

Le Tchad a le quatrième taux de fécondité au monde. Avec une moyenne de près de sept enfants par femme, le pays ne récolte pas encore les fruits de ce qu’on appelle la «transition démographique». En théorie, l’amélioration de la santé et du développement réduit les décès précoces et fait chuter les taux de natalité.

La population du Tchad, cependant, est d’environ 13 millions et croît à 3.5 pour cent par an, avec les deux-tiers de ses habitants âgés de moins de 25 ans. Ashta Mohammed, âgée de 22 ans, affirme avoir été forcée par ses parents à se marier à 14 ans et a eu le premier de ses quatre enfants très rapidement. «J’ai beaucoup souffert», se rappelle-t-elle de la naissance, disant qu’elle voudrait maintenant faire une pause de trois ans.

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Au Tchad, l’offre et la demande de contraceptifs modernes sont parmi les plus bas au monde, les dernières enquêtes suggérant qu’elles sont utilisées par moins de 5 pour cent des femmes au Tchad.

Bakary Sogoba, responsable de la protection de l’enfance pour l’Unicef au Tchad : «Au Tchad, les gens pensent que les filles sont des femmes dès qu’elles atteignent l’âge de la reproduction. Et là où il y a de la polygamie, vous pouvez avoir une reproduction concurrentielle entre plusieurs femmes qui comptent avoir plus d’enfants que leurs rivales ».

«Il y a des progrès, mais ce n’est pas suffisant», affirme Assane Ngueadoum, ministre de la santé publique du Tchad, père de deux enfants. « Nous avons besoin de meilleurs outils pour la planification familiale et une plus grande prise de conscience pour faire face aux traditions qui nous empêche de bénéficier du dividende démographique. »

En visitant une clinique privée qui offre les services de planning familial à N’Djamena, nous rencontrons Josephine Nangtan, une assistante psychosociale qui rencontre de nombreux défis au quotidien. «Beaucoup de femmes viennent me demander des conseils sur la contraception. Certaines me demandent de garder leur dossier ici, car si leur mari le voit, cela pourrait être une source de conflit», dit-elle.

Les attitudes commencent à changer. Les dirigeants de l’Église protestante soutiennent la contraception – non pas pour limiter la taille de la famille, mais pour souligner le besoin d’un nombre «responsable» d’enfants en bonne santé, en commençant plus tard et en espaçant les naissances.

L’Église catholique prend une ligne semblable. Il en est de même des dirigeants musulmans. Le cheikh Abdaddayim Ousman, secrétaire général du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques, a déclaré: «Le prophète nous a dit de nous marier et d’avoir une famille de qualité et non de quantité.  »

Avec l’appui du Fonds Français Muskoka, l’UNICEF, l’UNFPA et l’OMS au Tchad soutiennent les efforts du Gouvernement afin d’augmenter l’exposition de la population, les personnes et les couples à une information éclairée sur la planification familiale et sur les questions de genre.

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