Un nouveau flux qui apporte de l’espoir

Grace au soutien d’US Fund, l’UNICEF a construit 3 pompes d’eau pour une population de 4000 personnes

Par Diguera Azoura

« J’ai prénommé ma fille Radiyé qui signifie ‘j’accepte’ en langue arabe,  car j’ai accouché aisément seulement quelques heures après avoir bu la première eau qui sortait de la pompe. A travers ce prénom donné à ma fille je veux illustrer mon enthousiasme à commencer une autre vie  avec la nouvelle pompe à eau,» lance fièrement Khadidja qui tend ses bras pour faire sortir sa nouveau-née de son couffin.

Khadidja's removing her baby (Radiye) out of her cradle
UnicefChad/Azoura/2017

Du haut de ses 31 ans, cette jeune maman, à l’allure très mature due aux différentes péripéties de sa vie, nous confie être une femme comblée depuis quelques jours. Nous remettant sa fille,  un beau bébé de 13 jours, elle continue ses récits sur le passé qui était sa vie avant l’implantation de la nouvelle pompe, située à quelques 300m de chez elle.

« Avant, j’étais obligée de faire au moins 5km pour aller puiser de l’eau dans le Ouadi[1] le plus proche, et cela même étant presqu’à terme. Cela me prenait plus de 2h pour faire l’aller-retour ». Chose qui n’est pas sans peine pour cette maman de 7 enfants âgés de 2 à 16 ans, qui devait alors enfermer les plus petits avant de quitter pour sa corvée quotidienne. « Ça me fendait le cœur à chaque fois que je les enfermais seuls dans la maison, mais je n’avais pas le choix et je le faisais à contrecœur, elle explique un peu contrariée.

Khadidja fetching water from a jar at her house
UnicefChad/Azoura/2017

Khadidja vit depuis 6 ans à Haya Zouhour, une périphérie de la ville de Guéreda qui vient de bénéficier d’un financement d’UNICEF pour un château d’eau potable. Depuis son arrivée dans cette localité, sa vie n’a pas été des plus aisées nous confie-t-elle. « Au tout début, je me permutais avec mes deux enfants (âgés de 10 et 12 ans) pour puiser de l’eau dans les Ouadis ». Mais depuis presque quatre ans, Khadidja supporte à elle seule cette lourde charge journalière qui s’ajoute à d’autres corvées ménagères, car elle a décidé de laisser ses enfants en âge d’aller à l’école, étudier.

En effet, les trois enfants de Khadidja dont l’ainé, Hamid, qui a 16 ans nous expliquent comment ils devaient faire le voyage entre leur village (Haya Zouhour) et leur école, localisée à plus de 6km dans la ville de Guéreda. Il lance ensuite avec une mine saumâtre « Sinon avant, on partait puiser de l’eau dans le Ouadi avec ma sœur Hawa (14ans), et on faisait 1h à l’aller comme au retour, sans compter au moins 2h passées sur place à être dans les rangs pour pouvoir puiser seulement 60 litres parfois ».

Khadidja Adam and her baby Radiye
UnicefChad/Azoura/2017

Depuis presque deux semaines, toutes ces difficultés sont devenues juste des mauvais souvenirs pour la famille de Khadidja mais aussi pour la plupart des familles du village Haya Zouhour. C’est le cas de Koubra, la voisine de Khadidja qui nous dit comment elle avait perdu un enfant suite à la consommation de l’eau des Ouadis. Après un long soupir, la tête baissée – camouflant surement des larmes -, elle ajoute « on ne savait pas que l’eau des Ouadis contenait des bactéries et ce, malgré son mauvais gout argileux et sa couleur sombre. J’ai compris cela quand j’ai vu ma fille de 11mois mourir dans mes bras suite à des diarrhées aigues».

Comme pour la soutenir, Khadidja passe sa main dans la paume droite de sa voisine Koubra et lui dit: « Une goutte d’eau suffit pour créer un monde dit-on, et le nôtre vient d’être récréée grâce à cette nouvelle pompe d’eau potable».

Beneficiaries leaving the water pump station N'2_ and water tower at their back
UnicefChad/Azoura/2017

Au Tchad, près de 60%[2] de la population n’a pas accès à l’eau potable dans les zones rurales ; avec plus de 38% de la population rurale qui risque de maladies dues à la consommation d’eau non potable. Le château et sa pompe immergée hybride (thermique et solaire) installée par UNICEF il y’a 1 mois à Haya Zouhour, desservira près de 530 ménages composés d’environ 8 personnes dans un rayon de 5km, permettant ainsi d’éviter à près de 4000 personnes les maladies hydriques. Cette installation permettra aussi à plus 300 enfants d’âge scolaire de continuer leur scolarité sans avoir à les mitiger à cause de l’eau à puiser.

[1] Lit asséché d’un cours d’eau désertique.
[2] EDS-MICS2014-2015

 

 

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