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Guided by the Core Commitment for Children, UNICEF Chad strives for the realization of child rights in Chad. Women and children under 18 years old, who represent 57% of the total population of 11 million, have been particularly affected by the political instability and structural socioeconomic weaknesses that Chad has suffered since its independence. In addition, Chad has taken in refugees from Sudan and the Central African Republic, and hosts numerous internally displaced people. The country is also vulnerable to extreme weather events (partly because of climate change), particularly droughts and floods, which already represent a threat to the survival of the most vulnerable and marginalized children and women. Nevertheless, Chad is currently forging a new political stability both within and beyond its borders. This new context allows the government and its partners to launch the early recovery process and to plan longer-term investments in development. Moreover, increased government revenues, fed by oil revenue, are offering the opportunity to allocate additional resources to the country’s social sectors. To contribute to the realization of child rights in this complex context, UNICEF Chad concentrates its efforts on the following focus areas: - Child Survival and Development - Basic Education and Gender Equality - Child Protection - Strategic Communication: External Relations & Communication for Development (C4D) - Social Policy, Planning, Monitoring and Evaluation - Humanitarian Action and Emergency Response

L’engagement communautaire bâtit le chemin vers le développement local

Par Martina Palazzo et Noe Reouebmel

Nous sommes dans le district sanitaire de Bokoro, en pleine ceinture sahélienne du Tchad, où environ 16.000 personnes vivaient méconnaissant l’état sanitaire de leurs villages. Presque la totalité de ces gens – 98% d’après une enquête conduite par UNICEF et la Croix Rouge Française en juillet 2018- pratiquaient la défécation à l’air libre mettant à risque de maladies diarrhéiques 10. 405 enfants. Et ici, à Abgode, il ne faut pas oublier, la diarrhée tue un enfant sur trois.

UNICEF et la Croix Rouge Française (CRF), grâce au support financier de KfW Development Bank, ont décidé d’intervenir afin de donner une réponse aux urgences d’ordre hygiéno-sanitaire et sont descendus sur le terrain cote à cote des communautés pour les transformer en acteurs résilients et actifs. D’abord une auto-analyse de la situation sanitaire, ensuite l’élaboration d’une vision commune vers un environnement sain pour les enfants, enfin un plan d’action endossé par les chefs traditionnels et les autorités : voilà comment les communautés se sont fait agents du développement local. Nous sommes au tout début de l’impulsion d’une dynamique communautaire par l’Approche Assainissement Total Piloté par la Communauté (ATPC).

L’ATPC a été privilégiée pour stimuler d’un côté la mobilisation communautaire dans les villages à assainir, et de l’autre côté bâtir sur cohésion sociale instaurée et promouvoir l’autonomie des femmes. Ainsi, UNICEF et la CRF ont outillé des groupements féminins dénommés « Club de mères » pour conduire des activités génératrices de revenus. Ces femmes ont vite pris le contrôle et conduit leurs villages vers l’abolition de la pratique de déféquer à l’air libre.

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Membres du « Club de meres d’Abgode ». ©Unicef Chad/2019/Reouebmel

 

« Avant le programme, nous avions connu beaucoup de difficultés dans la vie au quotidien. Nous n’avions pas de latrines dans nos concessions. Pour se soulager, nous devions prendre notre Sakane[1] et faire des centaines de mètres. Ceci est plus pénible pour une personne malade ou si c’est la nuit qu’il faut faire ce déplacement. Nous buvions de l’eau prise dans les mares sans traitement et nous n’avions pas l’esprit ouvert pour nous organiser en vue de mener des activités pouvant nous permettre de gagner de l’argent pour subvenir à nos besoins. », nous témoigne Mme Fatimé Adoum Idriss, présidente du Club des mères « ALMA HANNA » (Solidarité en arabe) du village Abgode, lors de la cérémonie de certification des villages ayant atteint la fin de la défécation à l’air libre (FDAL).

En 1 an, UNICEF et la CRF ont joint leurs efforts pour réhabiliter et construire 30 forages équipés de pompes à motricité humaine. Les capacités des groupements de femmes ont été renforcées au traitement d’eau à domicile mais aussi à la construction de dalles dont les revenus vont dans une caisse commune de solidarités de santé.

«Depuis, notre village a un autre visage et la population a acquis un autre comportement. Particulièrement nous les femmes, nous avons gagné beaucoup de choses à travers ce projet. Plus besoin de faire des distances pour se soulager, nos latrines sont dans nos concessions. Nous avons de l’eau potable dans le village et en plus, nous sommes outillées pour traiter l’eau avant de la boire. Ça nous laisse du temps pour faire autre chose », continue Fatimé.

Le surplus du temps dont elle parle est précieux en raison du fait qu’il leur permet de se dédier à des nouvelles activités génératrices de revenu, telles que la transformation des produits alimentaires, ou bien la vente des dalles construites. Tout au long de la mise en œuvre du projet, les femmes ont été accompagnées dans l’identification des activités, la formation et l’appropriation des outils qui leur ont été offerts par UNICEF et la CRF.

Fatimé nous a présenté la décortiqueuse de ce groupement de femmes. «Ce moulin permettra de décortiquer le mil, un travail qui nous épuise parce que demandant assez d’énergie pour piler au pilon et qui prend du temps. Désormais, nous allons consacrer le temps passé pour mener d’autres activités. Dorénavant, nous nous sentons comme nos sœurs de la ville qui ont ces facilités. Cette décortiqueuse nous fera gagner de l’argent pour notre groupement et notre caisse de solidarités Santé et pour le développement du village».

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Mme Fatimé Adoum Idriss à côté de la décortiqueuse. ©Unicef Chad/2019/Reouebmel

Et sur le futur, elle dit : « Avec les recettes qui seront générées par l’exploitation de ce moulin, nous pensons les investir pour créer d’autres activités génératrices de revenus. ».

Grâce au leadership de ces femmes, l’engagement des leaders traditionnels et des communautés, 16,000 personnes vivent désormais dans des villages assainis. Mais UNICEF et la CRF ont investi aussi sur le long-terme, tout en croyant dans le moteur de l’engagement communautaire pour le développement.  Grace à leur appui, les populations locales ont pérennisé leurs nouveaux acquis et renforcé la résilience.

[1] La Sakane est une bouilloire utilisée au Tchad pour le lavage des mains et le nettoyage anal.

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Ce projet, financé par KfW Development Bank depuis Décembre 2017, cible près de 606 000 personnes vivant dans les provinces de Kanem, Barh El Gazal and Hadjer Lamis en pleine ceinture sahélienne au but d’améliorer l’accès aux services de santé et assainissement de qualité.

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Annour Djidda le « Super Papa » 💪🏽

L’UNICEF au Tchad a appuyé en fin avril, une campagne de Vaccination 💉 contre la Rougeole au Tchad afin de protéger les enfants de 6 mois à 9 ans pour sortir le pays de l’épidémie.

Nous sommes à Dourbali un Département de la Province du Chari Baguirmi au Tchad. Sous le grand arbre à l’angle de la maison du Chef de Canton, l’équipe des vaccinateurs accueille les petits enfants, pour la plupart accompagnés de leurs ainés, tous concernés par la cible de la vaccination.

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Séance de vaccination à Dourbali contre la Rougeole – ©UNICEF Tchad/2019/Ndal-lah

Dans cette ville, la population a été très marquée par l’épidémie de rougeole. Plus de 500 personnes ont été touchées par cette maladie, ce qui justifie cet engouement spécial de la population à accepter la vaccination sans trop de réticence. Pour elle, il n’est pas question que « Amkignègnè », (nom de la rougeole en arabe locale) fasse de nouvelles victimes.

Les mouvements se sont calmés, Annour Djidda, la trentaine révolue, s’approche avec ses trois enfants. Voir un père poser un tel acte est plutôt une image rare dans cette localité. Mais pour lui, il n’y a aucune gêne lorsqu’il s’agit de la santé de ses enfants.

Annour Djidda 35 ans
Annour Djidda un père de famille à Dourbali avec son fils – ©UNICEF Tchad/2019/Ndal-lah

« La rougeole a tué beaucoup d’enfants à Dourbali. C’est pourquoi j’ai décidé de venir personnellement avec mes enfants à la vaccination pour les protéger » Annour Djidda.

Malgré ses horaires de travail à la boulangerie qui l’occupent de 06h à 21h, il a pris une autorisation spéciale afin de conduire personnellement ses enfants et s’assurer qu’ils ont reçu la dose de vaccin nécessaire contre la rougeole.

La rougeole est une fièvre éruptive qui atteint le plus grand nombre d’enfants dans le monde. Elle se manifeste habituellement par une fièvre élevée, la conjonctivite, l’œdème des paupières, les yeux bouffis, l’écoulement nasal, la toux, la diarrhée, les vomissements etc. Ces complications sont à l’origine de la mortalité d’un grand nombre d’enfants.

Le Tchad est en situation d’épidémie de Rougeole depuis la fin du mois d’avril 2018. De 5 336 cas en 2018, le pays est passé à 9 009 cas au premier trimestre de 2019 avec 68 décès.

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Fannè Abakar après avoir reçu son vaccin contre la rougeole à Sénégal, un village aux alentours
De Dourbali – ©UNICEF Tchad/2019/Ndal-lah

Pour répondre à cette situation, le Ministère de la Santé Publique, en collaboration avec l’UNICEF et l’appui technique de partenaires tels que l’OMS, MSF, la Croix Rouge a lancé une campagne de vaccination dans neuf districts sanitaires du pays fortement affectés. Cette campagne qui s’est déroulée du 09 au 15 avril 2019, a permis de vacciner 648 656 enfants âgés de 6 mois à 9 ans, soit une couverture de 105% dont 41 262 zéro doses (6%) dans les districts de Laokassy (Logone Occidental), Massenya, Mandélia, Dourbali et Ba-illi (Chari Baguirmi), Mongo (Guéra), Moïssala (Mandoul) Pala (Mayo Kebbi Ouest) et Aboudéïa (Salamat).

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L’UNICEF soutient techniquement et financièrement le gouvernement du Tchad afin que chaque enfant reçoive les vaccins dont il a besoin pour sa santé grâce aux contributions du comité Américain pour l’UNICEF.

Ma fille a été déclarée «complètement vaccinée»

Par Assane Moustapha, C4D Officer, UNICEF – Tchad

La cour du centre de santé urbain de Bol est bondée de femmes accompagnées de leurs enfants ce mercredi, le jour du marché de Bol. Ces femmes, pour la plupart venues de loin, se bousculent pour faire vacciner leurs progénitures.

La multiplication des séances de sensibilisation sur l’importance de la vaccination dans les différentes localités par les relais communautaires est à la base de cet engouement des mères d’enfants. Cette activité de communication est appuyée par l’UNICEF à travers le partenaire de mise en œuvre AFA (Association des Femmes Allaitantes) dans le district de Bol.

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©UNICEFChad/DEJONGH/2019

Parmi ces femmes, Falmata témoigne des avantages du programme élargi de vaccination, incluant la vaccination contre, entre autres, la tuberculose, la coqueluche, le tétanos, la poliomyélite, la rougeole, la méningite, la diphtérie et la fièvre jaune.

Consciente des bienfaits de la vaccination de routine, Falmata Mahamat brave des conditions météorologiques et routières parfois difficiles pour venir au centre de santé urbain de Bol pour faire vacciner son enfant. Respectant scrupuleusement le calendrier vaccinal de sa fille Zeneba Djamal, âgée de 15 mois, le responsable du centre de santé l’a félicité pour sa détermination et sa ponctualité pour une cause noble, et a déclaré sa fille « complètement vaccinée ».

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© UNICEFChad/ASSANE/2019

Falmata, satisfaite de la prestation, nous dit sourire aux lèvres: « j’ai commencé à faire vacciner ma fille dès sa naissance et je réponds toujours au rendez-vous de l’infirmier. Ma fille n’est jamais tombée malade et elle grandit sans aucun problème de  santé ». Elle se dit être la porte-parole des femmes de son quartier et devient un relais potentiel pour sa communauté afin de convaincre celles qui émettent encore des doutes sur la vaccination.

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Le programme élargi de vaccination dans la Province du Lac est financé par la Bill & Melinda Gates Foundation.