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Guided by the Core Commitment for Children, UNICEF Chad strives for the realization of child rights in Chad. Women and children under 18 years old, who represent 57% of the total population of 11 million, have been particularly affected by the political instability and structural socioeconomic weaknesses that Chad has suffered since its independence. In addition, Chad has taken in refugees from Sudan and the Central African Republic, and hosts numerous internally displaced people. The country is also vulnerable to extreme weather events (partly because of climate change), particularly droughts and floods, which already represent a threat to the survival of the most vulnerable and marginalized children and women. Nevertheless, Chad is currently forging a new political stability both within and beyond its borders. This new context allows the government and its partners to launch the early recovery process and to plan longer-term investments in development. Moreover, increased government revenues, fed by oil revenue, are offering the opportunity to allocate additional resources to the country’s social sectors. To contribute to the realization of child rights in this complex context, UNICEF Chad concentrates its efforts on the following focus areas: - Child Survival and Development - Basic Education and Gender Equality - Child Protection - Strategic Communication: External Relations & Communication for Development (C4D) - Social Policy, Planning, Monitoring and Evaluation - Humanitarian Action and Emergency Response

Cavalier et chamelier s’ébranlent contre la rougeole dans le Lac

Par FULBERT NGARMAGUE KOSLENGAR CC4D UNICEF BOL

20181122_140652Dibrilla Abakar, Brandal/Merom/Bol

A la fin mois d’avril 2018, une épidémie de rougeole s’était déclenchée dans les districts de Ati, Bokoro et Gama, pour se propager dans d’autres du pays, dont le Lac.

Généralement, les crieurs publics sont des relais et maillons essentiels de la communication pour le développement dans cette contrée où l’accès aux médias traditionnels est très difficile. Mais lors de la campagne contre la rougeole organisée du 17 au 30 novembre 2018, pour vacciner les enfants de 06 mois à 9 ans, deux de ces crieurs du District Sanitaire de Bol ont fait montre d’une ingéniosité originale, afin d’atteindre davantage de populations.

Sieurs Dibrila Abakar et Brahim Hassan, respectivement, cavalier et chamelier des zones de responsabilité de Merom et de Matafo ont enfourché leur monture, au gré de l’austérité de l’environnement pour porter l’information de la vaccination contre la rougeole et la supplémentation en Vitamine A, dans les confins des villages, hameaux, ferriques, campements.

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Leur campagne de mobilisation innovante et audacieuse, mais somme toute adaptée à ce terrain, dont des dunes de sables géantes alternent avec les ronces, a permis de toucher, dans les deux zones de responsabilité 987 parents dont 724 femmes et de faire vacciner 713 enfants. « Mobiliser la communauté pour la vaccination fait partie de mes engagements envers ma communauté » se justifie Brahim Hassan par rapport au moyen dont il a fait recours pour communiquer aux populations habitant des localités, d’habitude difficile d’accès. Compte tenu de la nature du terrain, la trouvaille de ces deux crieurs est une innovation vraiment appropriée et adaptée, que l’on espère pourrait être adoptée par les autres crieurs et relais communautaires, en lieu et place des motos.

Il est à signaler que tout le District sanitaire de Bol, a eu à vacciner lors de cette campagne 58 473 enfants avec une couverture de 103,26%. Aussi, 34 406 enfants de 06 mois à 59 mois ont eu la supplémentation en Vitamine A, avec une couverture de 111%. Par ailleurs, 44 449 enfants, 0 à 10 ans ont été également vaccinés contre la polio durant cette campagne spéciale, ciblant les localités insulaires du Lac, avec une couverture vaccinale 113%.

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Un village, un registre pour la promotion de la vaccination.

Par FULBERT NGARMAGUE KOSLENGAR CC4D 

L’Approche Communautaire pour la Promotion de la Vaccination (ACPV) responsabilise les communautés par la mise à disposition des registres, pour l’enregistrement de nouvelles naissances, visant à augmenter la couverture vaccinale des enfants âgés de 0-11 mois.

A l’instar des autres districts sanitaires du Tchad, l’UNICEF Tchad et le District Sanitaire de Bol développent l’ACPV afin d’augmenter la couverture vaccinale, par un mécanisme de suivi individualisé des enfants de 0-11mois. 385 villages ont été ainsi dotés de registres. Les nouveaux nés y sont inscrits systématiquement car les communautés sont sensibilisées à signaler toute nouvelle naissance survenue en leur sein. Les registres servent en même temps, de source de déclaration de naissance de chaque enfant.  Les registres sont sous la responsabilité des chefs de cantons et villages. Pour assurer la bonne tenue de ces registres et afin d’assurer le suivi, les chefs de cantons, de villages et leurs secrétaires ont été formés dans ce sens. L’enregistrement donne des informations précises de manière continue sur chaque enfant dénombré et permettra de prendre une décision justifiée pour réduire les taux d’abandon et des perdus de vue.

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Lors du suivi effectué conjointement entre l’équipe de l’UNICEF et le District Sanitaire de Bol le 13 novembre 2018, dans le village de Bria, situé à 7 km du Centre de Santé de Ngarangou (Canton Ngarangou), le chef de village se dit très satisfait de l’approche ACPV :

 « Par rapport à la vaccination contre la polio, j’accompagne souvent les vaccinateurs. Nous faisons du porte-à-porte pour sensibiliser les ménages afin qu’ils fassent vacciner les enfants, car la vaccination protège contre de nombreuses maladies, telles que : la coqueluche et la rougeole. Le vaccin est gratuit, et c’est ainsi que j’ai demandé à l’infirmier de notre centre de Santé de mettre à la disposition de notre village un registre pour l’enregistrement des nouvelles naissances et le suivi des enfants inscrits pour la vaccination. Il sera bien tenu par une personne de notre communauté qui sait lire et écrire».

Déné Pulchérie, une femme maçonne au service de l’assainissement de sa communauté

Déné Pulchérie est l’une des rares femmes exerçant le métier de la maçonnerie au Tchad mais aussi la seule femme à avoir bénéficié de la formation organisée par l’UNICEF en Avril 2018 sur la fabrication de dalles SANPLAT dans le cadre de l’appui à la réponse pour l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et assainissement de base au bénéfice des réfugiés centrafricains et de la communauté hôte à Nya-pendé, un département de la région du Logone-Oriental.

Native de Goré, Déné est intéressée par ce métier car elle est la fille d’un maçon et a épousé un maçon : « Mon papa (défunt) fut un chef de garage et maçon. Dans ses activités de construction de notre cuisine, de la clôture et autres, je m’associais à mes frères pour l’aider. De fil en aiguille j’ai commencé à aimer le métier au point de me marier à un maçon avec qui je vis et nous avons à ce jour 6 enfants. » confie-t-elle.

A Goré il y a eu un grand engouement particulier pour cette formation de la part des membres des groupements des maçons venus nombreux incluant 28 artisans maçons dont Déné qui n’a pas caché son désir d’apprentissage en matière de pose de dalles SANPLAT et a démontré sa motivation lors du test pratique de fabrication de dalles en réalisant avec succès la latrine pilote à la Mairie de Goré.

L’exemple de Déné interpelle et encourage l’implication des femmes en plus de celles des hommes dans le secteur d’assainissement et d’hygiène des communauté : « Pour cette formation, c’est mon mari qui a été invité mais il m’a demandé de le représenter. J’ai beaucoup appris de cette formation sur la dalle SANPLAT qui est très économique, facile à fabriquer et à utiliser. Pour nous à Goré, ça va être un soulagement surtout pour une famille pauvre et nous comptons vulgariser cela soit à travers la mairie ou notre groupement des femmes. » témoigne-elle.

En effet, l’ancienne méthode de fabrication de dalle en béton armé consomme beaucoup de matériaux car son épaisseur varie entre 10 à 15 centimètres et elle coute entre 10 000 et 15 000 CFA. La dalle SANPLAT nécessite moins de matériaux et ne coute que 4 000 CFA environ. Ce qui est plus abordable pour les familles.

« Le gravier et sable ne coûtent pas cher à Goré. Notre grand défi va être la disponibilité des moules. Car grâce aux dalles SANPLAT, les ménages les plus démunis de Goré qui défèquent à l’air libre pourront construire leurs propres latrines et améliorer leurs sanitaires. Nous disons Merci au SECADEV et à l’UNICEF pour nous avoir donné une connaissance très capitale qui sans doute permettra de réduire le taux de défécation à l’air libre dans les villages et dans un proche avenir dans les quartiers de la ville de Goré. » conclue Déné.

Déné a été formée avec le soutien des fonds CERF (Central Emergency Response Fund). Grace à ces fonds, en 2018, l’UNICEF a formé 28 artisans maçons et environ 350 latrines familiales ont été construites à Goré.

L’UNICEF continue la même approche stratégique à Hadjer Lamis avec la formation de 30 artisans maçons dont 10 femmes avec l’appui de KFW, en partenariat avec la Croix-Rouge Française. Ces 10 femmes, tout comme Déné, continuent de former d’autres femmes, le but étant de permettre aux femmes d’avoir les outils et ressources nécessaires pour participer pleinement à l’assainissement de leurs communautés et participent ainsi à l’objectif d’éradication de la pratique de la défécation à l’air libre.

Au Tchad, selon le rapport JMP de 2017, 68% de la population soit environ 9.5 millions de personnes pratiquent la défécation à l’air libre. Le Gouvernement Tchadien à travers le Ministère de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche, a officiellement lancé en Novembre 2018 une feuille de route pour un Tchad sans défécation à l’air libre d’ici 2030. L’UNICEF est engagé aux côtés de l’Etat Tchadien pour soutenir la mise en œuvre de cette feuille de route au travers d’actions concrètes telles que les formations de femmes exceptionnelles comme Déné qui contribueront grandement à appuyer le Gouvernement à relever le pari de zéro défécation à l’air libre d’ici 2030.