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Ma fille a été déclarée «complètement vaccinée»

Par Assane Moustapha, C4D Officer, UNICEF – Tchad

La cour du centre de santé urbain de Bol est bondée de femmes accompagnées de leurs enfants ce mercredi, le jour du marché de Bol. Ces femmes, pour la plupart venues de loin, se bousculent pour faire vacciner leurs progénitures.

La multiplication des séances de sensibilisation sur l’importance de la vaccination dans les différentes localités par les relais communautaires est à la base de cet engouement des mères d’enfants. Cette activité de communication est appuyée par l’UNICEF à travers le partenaire de mise en œuvre AFA (Association des Femmes Allaitantes) dans le district de Bol.

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©UNICEFChad/DEJONGH/2019

Parmi ces femmes, Falmata témoigne des avantages du programme élargi de vaccination, incluant la vaccination contre, entre autres, la tuberculose, la coqueluche, le tétanos, la poliomyélite, la rougeole, la méningite, la diphtérie et la fièvre jaune.

Consciente des bienfaits de la vaccination de routine, Falmata Mahamat brave des conditions météorologiques et routières parfois difficiles pour venir au centre de santé urbain de Bol pour faire vacciner son enfant. Respectant scrupuleusement le calendrier vaccinal de sa fille Zeneba Djamal, âgée de 15 mois, le responsable du centre de santé l’a félicité pour sa détermination et sa ponctualité pour une cause noble, et a déclaré sa fille « complètement vaccinée ».

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© UNICEFChad/ASSANE/2019

Falmata, satisfaite de la prestation, nous dit sourire aux lèvres: « j’ai commencé à faire vacciner ma fille dès sa naissance et je réponds toujours au rendez-vous de l’infirmier. Ma fille n’est jamais tombée malade et elle grandit sans aucun problème de  santé ». Elle se dit être la porte-parole des femmes de son quartier et devient un relais potentiel pour sa communauté afin de convaincre celles qui émettent encore des doutes sur la vaccination.

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Le programme élargi de vaccination dans la Province du Lac est financé par la Bill & Melinda Gates Foundation.

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Lutte contre le VIH, engager les jeunes dans le théâtre participatif pour induire des changements de comportements

Par Nancy Ndal-lah – Chargé de Communication pour le Développement – Unité VIH

« A Mao, faire du théâtre pour une fille n’est pas facile. Nous sommes stigmatisées par d’autres filles. Elles disent que nous sommes des filles faciles et les avons trahies. C’est pour cela que j’ai décidé de m’engager à la sensibilisation pour changer ces choses », Hadje Ibrahim Hissein, 22 ans a choisie de participer à la lutte contre le VIH à travers la caravane de théâtre participatif sur le VIH à Mao et Moussoro. Etre sur scène avec les hommes est plus qu’une prestation, c’est une manière de s’affirmer et de s’émanciper.

Dans le cadre des activités de changements de comportements en faveur de l’utilisation des services de prévention et de traitement du VIH, l’UNICEF avec l’appui financier de kfw, organise des caravanes de théâtre participatif dans les Provinces du Kanem et du Barh El Gazal. Considérant les difficultés d’accès aux outils de communication de masse comme la télévision ou la radio et combinée à un taux d’analphabétisme très élevé, le théâtre se révèle comme l’un des outils de communication les plus efficaces. A la fois orale, interactif et teinté d’humour, le théâtre parvient à créer un cadre propice à la diffusion des messages sur le VIH.

Hadje fait partie des 30 jeunes comédiens qui ont été sélectionnés au sein de leur communauté et formés pour conduire la caravane de théâtre participatif sur le VIH à Mao dans la Province du Kanem, localité située à plus de 300 Km au Nord-Ouest de N’Djaména la capitale du Tchad. Dans cette localité, la prévalence au VIH est de 0,7%, un taux légèrement en hausse dans le Barh El Gazal voisin c’est à dire 2,1%. Ces fortes prévalences se justifient du fait des échanges avec les pays voisins comme la Lybie, le Niger, le Soudan. Ceci renforcé par le faible niveau d’information, les pratiques traditionnelles néfastes et normes sociales qui retardent l’accès aux services de santé  par les femmes et les filles.

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Pendant 14 jours, les acteurs ont été formé aux techniques de mise en scène et ont adapté en langue locale (arabe et goranne) quatre pièces théâtrales sur la prévention du VIH en milieu jeune et adolescent, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH ainsi que des messages grand public avec l’appui de la compagnie théâtrale Hadre Dounia.

Après les derniers consignes sur le déroulé de la caravane, les jeunes comédiens sont tout excités pour leur première prestation. L’animateur les introduit, ils présentent la scène : Hadje joue le rôle d’une femme enceinte qui essaie de convaincre son mari à aller à l’hôpital pour les consultations prénatales mais aussi le dépistage au VIH afin de protéger leur enfant. Le public témoigne d’un grand intérêt pour les prestations.

Le public peut à la suite de la prestation interagir avec l’animateur pour poser des questions ou simplement participer aux jeux-questions et gagner des prix. Un peu plus loin, est installé un centre de dépistage mobile pour les personnes ayant adhéré aux messages et voulant se faire dépister parmi lesquels 411 hommes et 219 femmes. La plupart des femmes sont voilées et ne participent presque pas aux échanges. Elles suivent dans la discrétion et disparaissent aussitôt. Plus de 10 000 personnes en majorité des jeunes et adolescents (71 000 hommes et 3900 femmes) sont touchés par ces séances.

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Au Tchad, l’épidémie du Sida constitue un problème majeur de santé publique et une menace pour le développement socioéconomique. Les résultats de l’EDS-MICS 2014-2015 ont montré que la prévalence nationale dans la population de 15-49 ans est de 1,6%, soit une réduction de plus de la moitié par rapport à celle de 2005 (3,3%). Cette situation présente des disparités de tous ordres : les femmes sont plus touchées que les hommes avec respectivement un taux de 1,8% et 1,3% ; la prévalence est sept fois plus élevée en milieu urbain (4,3%) qu’en milieu rural (0,6%). Toutefois, le milieu rural demeure peu privilégié en matière d’accès à l’information.

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Des actions ciblées qui visent les communautés spécifiques parmi lesquels les jeunes, les femmes et les filles peuvent changer la situation comme le témoigne Mariam Abatcha, l’une des participantes au théâtre : « J’ai compris que les maris doivent laisser leurs femmes aller à l’hôpital et qu’il est important qu’une femme enceinte se dépiste pour éviter la maladie du sida à son enfant et se protéger aussi ».

Cavalier et chamelier s’ébranlent contre la rougeole dans le Lac

Par FULBERT NGARMAGUE KOSLENGAR CC4D UNICEF BOL

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A la fin mois d’avril 2018, une épidémie de rougeole s’était déclenchée dans les districts de Ati, Bokoro et Gama, pour se propager dans d’autres du pays, dont le Lac.

Généralement, les crieurs publics sont des relais et maillons essentiels de la communication pour le développement dans cette contrée où l’accès aux médias traditionnels est très difficile. Mais lors de la campagne contre la rougeole organisée du 17 au 30 novembre 2018, pour vacciner les enfants de 06 mois à 9 ans, deux de ces crieurs du District Sanitaire de Bol ont fait montre d’une ingéniosité originale, afin d’atteindre davantage de populations.

Sieurs Dibrila Abakar et Brahim Hassan, respectivement, cavalier et chamelier des zones de responsabilité de Merom et de Matafo ont enfourché leur monture, au gré de l’austérité de l’environnement pour porter l’information de la vaccination contre la rougeole et la supplémentation en Vitamine A, dans les confins des villages, hameaux, ferriques, campements.

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Leur campagne de mobilisation innovante et audacieuse, mais somme toute adaptée à ce terrain, dont des dunes de sables géantes alternent avec les ronces, a permis de toucher, dans les deux zones de responsabilité 987 parents dont 724 femmes et de faire vacciner 713 enfants. « Mobiliser la communauté pour la vaccination fait partie de mes engagements envers ma communauté » se justifie Brahim Hassan par rapport au moyen dont il a fait recours pour communiquer aux populations habitant des localités, d’habitude difficile d’accès. Compte tenu de la nature du terrain, la trouvaille de ces deux crieurs est une innovation vraiment appropriée et adaptée, que l’on espère pourrait être adoptée par les autres crieurs et relais communautaires, en lieu et place des motos.

Il est à signaler que tout le District sanitaire de Bol, a eu à vacciner lors de cette campagne 58 473 enfants avec une couverture de 103,26%. Aussi, 34 406 enfants de 06 mois à 59 mois ont eu la supplémentation en Vitamine A, avec une couverture de 111%. Par ailleurs, 44 449 enfants, 0 à 10 ans ont été également vaccinés contre la polio durant cette campagne spéciale, ciblant les localités insulaires du Lac, avec une couverture vaccinale 113%.

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