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L’île de Koulfoua reçoit une aide humanitaire d’urgence

Par Badre Bahaji

Boulama Kiary, cinquante-deux ans, est un réfugié du Nigéria qui parle un anglais parfait « j’étais instituteur dans l’école primaire centrale de Baga où j’enseignais l’anglais et l’arabe. Je vivais paisiblement avec ma femme et mes enfants. Dès l’année 2013, les fonctionnaires de la région ont commencé à recevoir des menaces du groupe armé Boko Haram. Ils ne voulaient plus que les professeurs enseignent aux enfants « à l’occidentale », c’est même l’origine du nom de la secte. J’ai préféré prendre la fuite. »

Plus de 5000 personnes ont trouvé refuge sur l’ile de Koulfoua dans la région du Lac Tchad du fait des violences au Nigéria. Une mission inter-agence des Nations Unies et des partenaires s’est rendue sur place pour évaluer les besoins et apporter une première assistance à ces populations.

L’île de Koulfoua, située dans la préfécture de Kangalam est difficilement accessible. Depuis N’Djaména, il faut deux heures de route jusqu’au port de Guitté, avant de prendre une pirogue motorisée au minimum trois heures de navigation. Les infrastructures et les services sociaux sur cette île isolée sont quasiment inexistants. La mission inter-agence avait donc pour but de faire une évaluation rapide dans les secteurs de la santé et de la nutrition, de la sécurité alimentaire, de l’éducation, de l’eau et assainissement et de la protection.

« J’ai fui seul en laissant ma femme et mes enfants à l’abri, en espérant trouver de quoi survivre ici. Heureusement, il y a de la solidarité entre nous. La situation est tellement précaire, il n’y a même pas de médicaments dans le centre de santé. Depuis mon départ en 2013, j’ai peu à peu à peu perdu la vue, je me déplace difficilement maintenant, j’aurai besoin d’une opération, mais qu’est-ce que je peux faire? » reconte Boulama Kiary,  abattu.

Un soulagement pour les populations

Des kits d’urgence et des vêtements ont été distribués à plus de 3500 personnes lors de cette mission qui a rassemblé l’UNICEF, le PAM, le HCR, OCHA, HELP, PADIESE, la CNARR et la DRAS. Haoua est une retournée tchadienne, à cause du conflit au Nigéria, elle a fui l’île de Kaiga sur le lac Tchad pour se réfugier à Koulfoua. Elle a reçu un kit d’urgence composé d’un seau, de bidons, de tablettes de purification de l’eau, du savon et des habits pour sa fille Khadidja.

Haoua est tchadienne, à cause du conflit au Nigéria, elle a fui l’île de Kaiga sur le lac Tchad pour se réfugier à Koulfoua. Elle a reçu un kit d’urgence et des habits pour sa fille Khadidja
Haoua est tchadienne, à cause du conflit au Nigéria, elle a fui l’île de Kaiga sur le lac Tchad pour se réfugier à Koulfoua. Elle a reçu un kit d’urgence et des habits pour sa fille Khadidja

Il existe une école communautaire, mais les quatre maitres communautaires n’ont ni manuels, ni salaire depuis plus de six mois. Sur les cinq forages que compte l’île, un seul fonctionne mais produit une eau de gout salée que personne ne consomme. La population boit directement l’eau du lac qui n’est pas potable, causant de nombreuses maladies, surtout chez les enfants. Dans le centre de santé, les défis sont nombreux et un seul infirmier s’occupe de la prise en charge des patients. Le dépistage de la malnutrition se fait mais bute sur le manque d’intrants nutritionnels.

Pour autant, une atmosphère paisible règne à Koulfoua et les autorités comme les différentes communautés hôtes, retournés tchadiens, réfugiés du Nigéria ou du Niger ne semblent pas avoir de problèmes majeurs pour vivre cohabiter pacifiquement.

Presque un enfant sur trois dépisté lors de cette mission souffre de malnutrition aigüe

« Ma famille qui était restée au Nigéria pendant deux ans a finalement pris la fuite après l’attaque de Baga en janvier 2015. Ma femme et mes onze enfants sont avec moi ici maintenant. Le fils de Boulama, Omar a le ton grave. A seulement quatorze ans, c’est lui qui travaille pour faire vivre sa famille: «vivre loin de mon père, ce n’était pas facile, mais fuir la maison pour arriver ici, c’est encore pire, nous n’avons rien emporté avec nous. Avec l’aide de quelques voisins nous avons construit un petit kiosque pour charger les téléphones portables, on gagne 200 à 300 nairas (entre 600 et 900 FCFA) par jour, c’est avec ça que nous faisons vivre notre famille. »

L’UNICEF a lancé un appel de 63,1 millions de dollars pour répondre aux besoins d’urgence prévues dans le pays en 2015, y compris pour les enfants réfugiés et déplacés et leurs familles, et les communautés d’accueil. Nous appelons tous les partenaires à accroître leur soutien afin d’alléger les souffrances des familles affectées par les conséquences des violences au Nigéria.

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Des entreprises adhèrent à la « Déclaration d’intention des entreprises pour les droits de l’enfant » au Tchad

Des entreprises ont officialisé leur volonté de soutenir la promotion et le développement des enfants au Tchad.

 A l’initiative du Ministère de l’Economie, du Commerce et du Développement Touristique, en coordination avec le Ministère de l’Action Sociale et celui de l’Emploi, avec l’appui de l’UNICEF, de l’ANIE, du CNPT, du CCIAMA et du CafTchad, une trentaine d’entreprises ont officiellement adhéré ce 10 juin 2015 à « la Déclaration d’intention des entreprises pour les droits de l’enfant au Tchad ». Cette déclaration d’intention a pour objectif de fournir aux entreprises des conseils pratiques permettant d’inscrire les droits de l’enfant dans leurs stratégies et opérations, et de s’assurer que les activités des entreprises ont des effets positifs sur les citoyens les plus jeunes et les plus vulnérables, et d’encourager les entreprises à respecter et à promouvoir les droits des enfants dans leurs activités, leurs relations de travail, et leur environnement.

« Le secteur privé peut apporter une contribution importante à la réalisation des droits de l’enfant au Tchad, non seulement par le biais de ses propres pratiques et politiques mais aussi en usant de son influence pour changer les attitudes, les politiques et les institutions. Ce document est un véritable guide pratique pour l’entreprise dans la mise en place de nouvelles pratiques. Il associe l’ensemble des collaborateurs et partenaires en vue d’avancer ensemble dans un sens qui sert à la fois l’économie et la société dans sa globalité », a déclaré S.E. Monsieur Aziz Mahamat Saleh, Ministre de l’Economie, du Commerce et du Développement Touristique, au cours de la cérémonie.

Au Tchad, les entreprises représentent un partenaire de taille et une force positive pour le développement de l’enfance – qui représente plus de 55% de la population. Elles jouent un rôle majeur en tant que créatrices d’emplois, génératrices de richesse et de développement, qui dépasse la seule sphère économique. Soutenir la promotion et le développement des enfants aujourd’hui, c’est aussi agir en faveur des adultes de demain et investir dans l’avenir du pays. Bien que cette déclaration s’appuie sur des instruments juridiques internationaux – comme la Convention relative aux Droits de l’Enfant, elle ne crée en aucun cas de nouvelles obligations juridiques pour l’entreprise.

Il est important que chaque entreprise ne perde pas de vue les éventuelles répercussions de ses propres activités sur les enfants, bien au-delà de la problématique du travail des enfants. Sans le vouloir, certaines politiques ou pratiques peuvent nuire aux enfants, menacer leur développement et leur survie. Les entreprises sont en contact avec les enfants à travers leurs employés et les communautés dans lesquelles elles sont implantées.

« Cette initiative comble un vide dans le secteur des droits de l’enfant et témoigne également de la volonté de plus en plus nette manifestée par le monde des affaires pour aller au-delà du principe de précaution et contribuer à encourager la création d’environnements adaptés à l’enfant au sein de leurs communautés « , a poursuivi Bruno Maes, Représentant de l’UNICEF au Tchad. « Si de nombreuses entreprises ont déjà pris des initiatives, il importe de continuer d’avancer ensemble pour prendre des mesures visant non seulement à ne pas porter préjudice aux enfants mais également à œuvrer en leur faveur ».

Au Tchad, l’UNICEF continue d’explorer avec le secteur privé les pistes de partenariat possibles dans des projets et programmes permettant d’avoir un impact accru et une différence réelle en faveur des enfants. L’UNICEF Tchad met en œuvre depuis 2014 une stratégie destinée à promouvoir la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), encourager le changement de comportement et de pratiques dans les affaires et co-développer des partenariats stratégiques avec les entreprises pour la promotion des droits des enfants.

Liste des Entreprises signataires au 10 juin 2015 :

Africa Consulting, Airtel, Commercial Bank of Tchad, BIC, Compagnie d’Entreprises CFE, Conite, Compagnie Sucrière du Tchad (CST), Enterprise Dora & Fils, Entreprise La Roche Service, Entreprise Lodoba, Entreprise News TechTchad, Sotexho (Groupe Novotel, Mercure, Ibis), Groupe Kosso S.A., Entreprise King Le Select ; Mymoca, N’Consulting, Orabank, La Résidence, Royal Group, Société Seitchus, Société Contrat, Société Générale du Tchad, Société Naima-Arafa S.A., Société Nouvelle d’Etudes et des Réalisations (SNER), Socom, Sogea Satom, Sotieri, Tigo, Total Marketing Tchad, Union Banque Africaine (UBA).