Archives pour la catégorie SANTE

Déné Pulchérie, une femme maçonne au service de l’assainissement de sa communauté

Déné Pulchérie est l’une des rares femmes exerçant le métier de la maçonnerie au Tchad mais aussi la seule femme à avoir bénéficié de la formation organisée par l’UNICEF en Avril 2018 sur la fabrication de dalles SANPLAT dans le cadre de l’appui à la réponse pour l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et assainissement de base au bénéfice des réfugiés centrafricains et de la communauté hôte à Nya-pendé, un département de la région du Logone-Oriental.

Native de Goré, Déné est intéressée par ce métier car elle est la fille d’un maçon et a épousé un maçon : « Mon papa (défunt) fut un chef de garage et maçon. Dans ses activités de construction de notre cuisine, de la clôture et autres, je m’associais à mes frères pour l’aider. De fil en aiguille j’ai commencé à aimer le métier au point de me marier à un maçon avec qui je vis et nous avons à ce jour 6 enfants. » confie-t-elle.

A Goré il y a eu un grand engouement particulier pour cette formation de la part des membres des groupements des maçons venus nombreux incluant 28 artisans maçons dont Déné qui n’a pas caché son désir d’apprentissage en matière de pose de dalles SANPLAT et a démontré sa motivation lors du test pratique de fabrication de dalles en réalisant avec succès la latrine pilote à la Mairie de Goré.

L’exemple de Déné interpelle et encourage l’implication des femmes en plus de celles des hommes dans le secteur d’assainissement et d’hygiène des communauté : « Pour cette formation, c’est mon mari qui a été invité mais il m’a demandé de le représenter. J’ai beaucoup appris de cette formation sur la dalle SANPLAT qui est très économique, facile à fabriquer et à utiliser. Pour nous à Goré, ça va être un soulagement surtout pour une famille pauvre et nous comptons vulgariser cela soit à travers la mairie ou notre groupement des femmes. » témoigne-elle.

En effet, l’ancienne méthode de fabrication de dalle en béton armé consomme beaucoup de matériaux car son épaisseur varie entre 10 à 15 centimètres et elle coute entre 10 000 et 15 000 CFA. La dalle SANPLAT nécessite moins de matériaux et ne coute que 4 000 CFA environ. Ce qui est plus abordable pour les familles.

« Le gravier et sable ne coûtent pas cher à Goré. Notre grand défi va être la disponibilité des moules. Car grâce aux dalles SANPLAT, les ménages les plus démunis de Goré qui défèquent à l’air libre pourront construire leurs propres latrines et améliorer leurs sanitaires. Nous disons Merci au SECADEV et à l’UNICEF pour nous avoir donné une connaissance très capitale qui sans doute permettra de réduire le taux de défécation à l’air libre dans les villages et dans un proche avenir dans les quartiers de la ville de Goré. » conclue Déné.

Déné a été formée avec le soutien des fonds CERF (Central Emergency Response Fund). Grace à ces fonds, en 2018, l’UNICEF a formé 28 artisans maçons et environ 350 latrines familiales ont été construites à Goré.

L’UNICEF continue la même approche stratégique à Hadjer Lamis avec la formation de 30 artisans maçons dont 10 femmes avec l’appui de KFW, en partenariat avec la Croix-Rouge Française. Ces 10 femmes, tout comme Déné, continuent de former d’autres femmes, le but étant de permettre aux femmes d’avoir les outils et ressources nécessaires pour participer pleinement à l’assainissement de leurs communautés et participent ainsi à l’objectif d’éradication de la pratique de la défécation à l’air libre.

Au Tchad, selon le rapport JMP de 2017, 68% de la population soit environ 9.5 millions de personnes pratiquent la défécation à l’air libre. Le Gouvernement Tchadien à travers le Ministère de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche, a officiellement lancé en Novembre 2018 une feuille de route pour un Tchad sans défécation à l’air libre d’ici 2030. L’UNICEF est engagé aux côtés de l’Etat Tchadien pour soutenir la mise en œuvre de cette feuille de route au travers d’actions concrètes telles que les formations de femmes exceptionnelles comme Déné qui contribueront grandement à appuyer le Gouvernement à relever le pari de zéro défécation à l’air libre d’ici 2030.

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Polio Vaccination Heroes

The uncommon bravery, energy and dedication, with which two young volunteer vaccinators threw themselves into a recent polio vaccination campaign in the high-risk area of Lake Chad, shows the kind of commitment that has kept Chad polio-free since July 2016.

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UNICEFChad/2018/Fulbert

Retaining the polio-free status requires constant surveillance, as well as regular vaccination campaigns like the four-day campaign organised in the Lake Chad islands and the Bol Health District, between 30 October to 02 November 2018.  Vaccinators Joël Keinneng and Nahomie Kor-Alyen, wasted no time in getting their campaign underway.

Their target villages were all on islands, some of which are floating. But there was no boatman or navigator available to take them.  So, on 31 October Joël and Nahomie paddled a pirogue themselves for 12 kilometres, to get them from the village health centre in Ngorerom on one island to the village of Reria on another, to carry out that day’s door-to-door vaccination programme.

Not only are the islands difficult to access, due to many grasses and weeds, but there is also the danger of encountering Boko Haram activity. Many would not have undertaken such a journey, but the pair say they are passionate about serving communities in Chad.

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UNICEFChad/2018/Fulbert

Nahomie tells us that at 18-years of age she harbours the ambition to become a doctor, but she still has three years to go before she can complete her baccalaureate and start university.  Joël is 26 years of age and has been vaccinating since he was 19.  He is also a polio surveillance volunteer. Joël and Nahomie are themselves lake dwellers.  They live in the island village of Dosselom, a 1km crossing by pirogue to the health centre in the town of Bol.

The lake is a high-risk area for polio because it is open to four countries – Chad, Cameroon, Niger and Nigeria – and it experiences frequent transfrontier population movements, including refugees and returnees fleeing from Boko Haram attacks.

Confirmed cases of polio in recent years in the neighbouring Borno State of Nigeria, are also a cause for concern (6 cases in 2017; and 5 by end-August 2018).

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UNICEFChad/2018/Fulbert

Because of the difficulty of accessing the islands, and the nomadic life of many island dwellers, many children in this high-risk area have not yet been vaccinated. For all these reasons the supplemental vaccination campaigns such as this are necessary.

During their vaccination programme on the lake island of Reria on 31 October, Joël and Nahomie vaccinated 152 children under 10 years of age.  In all, they visited 172 households.   During their door-to-door visits they also informed 192 women and 142 men about the benefits of vaccinating children.

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UNICEF supports the polio vaccination campaign by supplying the vaccines and by working in partnership with the WHO’s information campaigns and logistical support. The campaign in the Lake Chad area is financed by the Global Polio Eradication Initiative (GPEI), of which the major contributors are the Bill and Melinda Gates Foundation (BMGF), the Centre for Disease Control and Prevention (CDC) and the Rotary Foundation.

 

Writer: Fulbert Ngamargue

AMFACHIR, la fillette qui sauve ses parents

Dès notre entrée dans la cour, une fillette pleine de vie nous accueille d’un air joyeux. Sa mère essaie de la retenir dans sa course. Halimé Moussa, paraissait plutôt jeune avec ses 19 ans et ce, malgré un mariage et une maternité précoce. Elle a été forcée par ses parents à se marier et a dû quitter la classe de 3ème de sa ville natale de Sarh au sud pour rejoindre son mari à Mongo au centre du Tchad.

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UNICEFChad/2018/Azoura

Après de brèves salutations, Halimé nous installe sous sa véranda, encerclé de modestes maisons. « Tout a commencé avec des vomissements, des diarrhées et des amaigrissements. Je ne savais pas de quoi souffrait ma fille Amfachir » me confie-t-elle d’une voix calme mais empreint de tristesse. « Nous sommes allé au dispensaire du quartier mais son état ne faisait que s’empirer. Nous nous sommes rendus ensuite à l’hôpital et le médecin a découvert qu’elle souffrait de malnutrition. »

Elle baisse la tête un moment et avec une profonde inspiration, elle reprend son récit : « après les examens, le médecin m’a informé que ma fille avait le sida et m’a demandé de faire moi aussi le test de dépistage. Mon test s’est révélé positif, de même que celui de mon mari. Dieu merci, ma fille, mon mari et moi prenons les médicaments contre cette maladie. ».

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UNICEFChad/2018/Nancy

Le dépistage des enfants malnutris dans les Unités Nutritionnelles Thérapeutiques (UNT) est une approche mise en œuvre par le Gouvernement du Tchad avec l’appui de l’UNICEF dans les Provinces du Batha, Guéra et Salamat afin d’améliorer la prise en charge pédiatrique du VIH chez les enfants et favoriser le dépistage des parents. Tous les enfants admis dans ces formations sanitaires sont systématiquement dépistés après counseling des parents et les cas positifs mis sous traitement ARV à la pleine satisfaction de Dr. Régina, médecin responsable principal de la Pédiatrie de l’hôpital provincial de Mongo « J’aime le fait de prendre soin de ces innocents. Ils arrivent dans une mort apparente : infections respiratoires aiguës, paludisme, maladies diarrhéiques, mais après les soins, ils s’en sortent. C’est une bonne initiative pour améliorer la prise en charge pédiatrique du VIH et le dépistage familial ».

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UNICEFChad/2018/Nancy

 

Malgré les succès de cette approche, il était très difficile au début de convaincre les parents pour le dépistage. En 2016 par exemple sur 864 enfants malnutris admis à l’UNT de Mongo, seulement 415 parents (48%) ont accepté le dépistage de leurs enfants. Ce gap a été rehaussé grâce à un travail assidu de sensibilisation et de counseling. Actuellement tous les enfants sont dépistés systématiquement.

ASTBF. Centre adolescentes pour l«information sur SIDA/VIH
UNICEFChad/2011/Esteve

Amfachir fait partie de ces multiples enfants et leurs parents qui ont été retrouvés par le biais de l’approche intégrée nutrition-VIH. Pour l’ensemble des Provinces concernées par l’approche, entre 2015 et 2017, sur plus de 11, 000 enfants Malnutris Aigus Sévères avec complication admis dans les UNT, plus de 10 000 ont été dépistés au VIH/Sida, avec 82 séropositifs sous traitement ARV.

Le défi principal est d’exploiter cette porte d’entrée pour élargir la prise en charge pédiatrique du VIH par le biais des unités nutritionnelles sur tout le territoire tchadien car les enfants de 0-14 ans séropositifs sous ARV ne représentent que 18% et le VIH fait partie des causes sous-jacentes de la malnutrition chez les enfants qui doivent bénéficier d’une prise en charge intégrée des maladies.