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Le meilleur départ dans la vie pour chaque enfant

Par Philippe Barragne-Bigot, Représentant de l’UNICEF

Ce que la science nous apprend est une révolution dans la manière dont nous pensons le développement de la petite enfance.

Ce qui arrive – ou n’arrive pas – à un enfant dans les 1 000 premiers jours de sa vie (de la grossesse au 2ème anniversaire de l’enfant) est capital, à la fois pour son bien-être immédiat et pour son avenir.

Pendant ces premières années, près de 1 000 cellules cérébrales se connectent à chaque seconde – une vitesse qui n’est plus jamais atteinte lorsque les apports nutritionnels ne permettent pas de couvrir les besoins de croissance et de développement.

Les études scientifiques démontrent que le développement du cerveau du jeune enfant est très affecté par les facteurs environnementaux.

Une nutrition inadéquate, un manque de stimulation et le stress chez l’enfant peuvent avoir un impact négatif sur son épanouissement intellectuel et émotionnel de manière irréversible.

Ce sont des découvertes d’une importance vitale. Elles nous mettent dans l’obligation d’agir. Quel degré de productivité et de prospérité peut atteindre une société quand, comme c’est le cas au Tchad, 26% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique ?

Nous pouvons inverser cette tendance. Donner à un enfant le meilleur départ dans la vie, c’est briser l’engrenage et le cycle de pauvreté, maladies et inégalités qui se transmet de génération en génération. C’est aussi le meilleur investissement possible pour l’économie.

De nombreuses études ont montré que pour chaque dollar investi en vue de donner aux enfants le meilleur départ dans la vie, les enfants, leur famille et les contribuables obtenaient à long terme un retour sur investissement d’au moins 16 dollars.

Nous devons investir tôt, investir équitablement et investir de manière intelligente – non seulement dans l’éducation, mais aussi dans la santé, la nutrition, l’eau, l’assainissement, la promotion des bonnes pratiques d’hygiène et la protection pour le bien-être des prochaines générations.

Et nous devons le faire tous ensemble. Cela ne concerne pas seulement les gouvernements et les professionnels du développement, mais nous tous, sans exception.

Téléchargez le bulletin des Nations Unies au Tchad ici : Bulletin-Trait-Union-Nations-Unies

Deux gouttes…

Par Chance Tubane

Laissez-moi me présenter :

Je me nomme Enfant du Tchad

Et je suis contente

De dire que je ne suis pas triste…

 

Je m’explique car je peux savoir d’ici ce à quoi vous pensez :

Que j’allais vous parler de gouttes de souffrance

pourtant je vous parle des gouttes

de l’espérance.

 

Ces 2 là,

Oui car elles sont 2,

…elles n’ont rien à voir avec des gouttes de peine

…mais elles sont des gouttes pour une destinée saine.

Oui : elles ne sont pas vaines…

 

Celles-là ne coulent pas de mes yeux

mais coulent directement dans ma bouche pour me protéger mieux

 

Avec elles ma vie est à présent assurée

…de la peur constante d’être paralysée

Je suis reconnaissante d’être vaccinée

Je me sens protégée

 

Et cela grâce à ma mère

Qui a fait le bon choix de me faire

immuniser avec mon frère

 

Contre qui vous levez-vous?

Contre M. Polio,

 

Polio paralyse

Mais les deux gouttes le neutralisent

Et nous immunisent !

 

Oui, je n’en croyais pas moi-même mes oreilles, que deux gouttes

lui barreraient la route

et qu’ainsi notre avenir serait sauf une bonne fois pour toute.

 

Oh que j’imagine mon avenir et celui de mon frère brillant

Grâce aux 2 gouttes immunisantes

 

Maintenant vous comprenez pourquoi les gouttes ne sont pas de pleurs mais de bonheur

Oui, quel bonheur!

 

De savoir que je suis protégée…

En nous protégeant mon frère et moi vous pérennisez notre communauté et notre pays en ressent les bienfaits

…et l’humanité est ainsi touchée …

 

Aujourd’hui je peux rêver

Que j’atteindrai ma majorité

Sans crainte d’infirmité

Car j’ai reçu les 2 gouttes d’immunité

 

Grace à ceux qui ont  eu l’audacité

De délivrer 2 gouttes en toute amité

Contre la ténacité

 

…de la Polio

A qui je suis désolée de dire

«  tu vas devoir partir…

dorénavant tu ne peux plus agir… »

Téléchargez le bulletin : Bulletin Polio_Tchad-Juin2017

Une journaliste pas comme les autres

Par Soterine Tsanga

Achta Asabal, journaliste depuis plus de 16 ans à la Radio Sarh, dans la Région du Moyen-Chari au Sud du Tchad

Téléchargez le bulletin : Bulletin Polio_Tchad-Juin2017

Achta, c’est une journaliste pas comme les autres. Toujours prête à aider, en plus de son travail à la radio, elle appuie régulièrement les campagnes de vaccination contre la poliomyélite.

Cette fois ci, Achta a été sollicitée par le District Sanitaire de Sarh pour la sensibilisation des familles et la supervision de la campagne polio qui s’est tenue du 24 au 27 mars 2017.

Mme Achta est une femme très respectée, connue et écoutée dans sa communauté surtout parce qu’elle anime plusieurs microprogrammes radiophoniques populaires à Sarh. En plus de sa casquette d’assistante sociale, elle a également par le passé soutenu les programmes de santé auprès des jeunes femmes.

En plus de ses compétences et de sa popularité, son dynamisme lui a valu d’attirer l’attention du District Sanitaire de Sarh pour faire en sorte que chaque enfant soit vacciné dans son district.

Sa journée commence très tôt par le premier programme radio. Elle profite d’une de ses émissions matinales pour prodiguer des conseils aux mamans sur la campagne de vaccination en cours.

Si Mme Achta Asabal de la Radio elle-même est venue nous demander de vacciner nos enfants, cela veut dire que c’est une affaire sérieuse.”

« Après la radio, à 9h du matin, je rejoins l’équipe de supervision pour la descente de terrain et ce jusqu’au soir. On passe par tous les ménages, on s’assure que les parents sont informés et on essaye de gérer les cas de refus. »

Au son de sa voix, les populations la reconnaissent, accourent et sont enchantées de la rencontrer. « Pour certaines personnes, c’est en me voyant qu’ils ont un déclic, ma présence leur donne confiance et en général » raconte-t-elle « si Mme Achta Asabal de la radio elle-même est venue nous demander de vacciner nos enfants, cela veut dire que c’est une affaire sérieuse. » plaisante-t-elle.

Au Tchad, nous avons vu la réalisation de progrès majeurs en terme de vaccination mais seulement 25% des enfants tchadiens sont complètement vaccinés aujourd’hui. Nous devons redoubler nos efforts pour que tous nos enfants soient vaccinés et maintenus en bonne santé.

Téléchargez le bulletin : Bulletin Polio_Tchad-Juin2017