Archives pour la catégorie SANTE

Un village, un registre pour la promotion de la vaccination.

Par FULBERT NGARMAGUE KOSLENGAR CC4D 

L’Approche Communautaire pour la Promotion de la Vaccination (ACPV) responsabilise les communautés par la mise à disposition des registres, pour l’enregistrement de nouvelles naissances, visant à augmenter la couverture vaccinale des enfants âgés de 0-11 mois.

A l’instar des autres districts sanitaires du Tchad, l’UNICEF Tchad et le District Sanitaire de Bol développent l’ACPV afin d’augmenter la couverture vaccinale, par un mécanisme de suivi individualisé des enfants de 0-11mois. 385 villages ont été ainsi dotés de registres. Les nouveaux nés y sont inscrits systématiquement car les communautés sont sensibilisées à signaler toute nouvelle naissance survenue en leur sein. Les registres servent en même temps, de source de déclaration de naissance de chaque enfant.  Les registres sont sous la responsabilité des chefs de cantons et villages. Pour assurer la bonne tenue de ces registres et afin d’assurer le suivi, les chefs de cantons, de villages et leurs secrétaires ont été formés dans ce sens. L’enregistrement donne des informations précises de manière continue sur chaque enfant dénombré et permettra de prendre une décision justifiée pour réduire les taux d’abandon et des perdus de vue.

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Lors du suivi effectué conjointement entre l’équipe de l’UNICEF et le District Sanitaire de Bol le 13 novembre 2018, dans le village de Bria, situé à 7 km du Centre de Santé de Ngarangou (Canton Ngarangou), le chef de village se dit très satisfait de l’approche ACPV :

 « Par rapport à la vaccination contre la polio, j’accompagne souvent les vaccinateurs. Nous faisons du porte-à-porte pour sensibiliser les ménages afin qu’ils fassent vacciner les enfants, car la vaccination protège contre de nombreuses maladies, telles que : la coqueluche et la rougeole. Le vaccin est gratuit, et c’est ainsi que j’ai demandé à l’infirmier de notre centre de Santé de mettre à la disposition de notre village un registre pour l’enregistrement des nouvelles naissances et le suivi des enfants inscrits pour la vaccination. Il sera bien tenu par une personne de notre communauté qui sait lire et écrire».

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Déné Pulchérie, une femme maçonne au service de l’assainissement de sa communauté

Déné Pulchérie est l’une des rares femmes exerçant le métier de la maçonnerie au Tchad mais aussi la seule femme à avoir bénéficié de la formation organisée par l’UNICEF en Avril 2018 sur la fabrication de dalles SANPLAT dans le cadre de l’appui à la réponse pour l’accès à l’eau potable et aux services d’hygiène et assainissement de base au bénéfice des réfugiés centrafricains et de la communauté hôte à Nya-pendé, un département de la région du Logone-Oriental.

Native de Goré, Déné est intéressée par ce métier car elle est la fille d’un maçon et a épousé un maçon : « Mon papa (défunt) fut un chef de garage et maçon. Dans ses activités de construction de notre cuisine, de la clôture et autres, je m’associais à mes frères pour l’aider. De fil en aiguille j’ai commencé à aimer le métier au point de me marier à un maçon avec qui je vis et nous avons à ce jour 6 enfants. » confie-t-elle.

A Goré il y a eu un grand engouement particulier pour cette formation de la part des membres des groupements des maçons venus nombreux incluant 28 artisans maçons dont Déné qui n’a pas caché son désir d’apprentissage en matière de pose de dalles SANPLAT et a démontré sa motivation lors du test pratique de fabrication de dalles en réalisant avec succès la latrine pilote à la Mairie de Goré.

L’exemple de Déné interpelle et encourage l’implication des femmes en plus de celles des hommes dans le secteur d’assainissement et d’hygiène des communauté : « Pour cette formation, c’est mon mari qui a été invité mais il m’a demandé de le représenter. J’ai beaucoup appris de cette formation sur la dalle SANPLAT qui est très économique, facile à fabriquer et à utiliser. Pour nous à Goré, ça va être un soulagement surtout pour une famille pauvre et nous comptons vulgariser cela soit à travers la mairie ou notre groupement des femmes. » témoigne-elle.

En effet, l’ancienne méthode de fabrication de dalle en béton armé consomme beaucoup de matériaux car son épaisseur varie entre 10 à 15 centimètres et elle coute entre 10 000 et 15 000 CFA. La dalle SANPLAT nécessite moins de matériaux et ne coute que 4 000 CFA environ. Ce qui est plus abordable pour les familles.

« Le gravier et sable ne coûtent pas cher à Goré. Notre grand défi va être la disponibilité des moules. Car grâce aux dalles SANPLAT, les ménages les plus démunis de Goré qui défèquent à l’air libre pourront construire leurs propres latrines et améliorer leurs sanitaires. Nous disons Merci au SECADEV et à l’UNICEF pour nous avoir donné une connaissance très capitale qui sans doute permettra de réduire le taux de défécation à l’air libre dans les villages et dans un proche avenir dans les quartiers de la ville de Goré. » conclue Déné.

Déné a été formée avec le soutien des fonds CERF (Central Emergency Response Fund). Grace à ces fonds, en 2018, l’UNICEF a formé 28 artisans maçons et environ 350 latrines familiales ont été construites à Goré.

L’UNICEF continue la même approche stratégique à Hadjer Lamis avec la formation de 30 artisans maçons dont 10 femmes avec l’appui de KFW, en partenariat avec la Croix-Rouge Française. Ces 10 femmes, tout comme Déné, continuent de former d’autres femmes, le but étant de permettre aux femmes d’avoir les outils et ressources nécessaires pour participer pleinement à l’assainissement de leurs communautés et participent ainsi à l’objectif d’éradication de la pratique de la défécation à l’air libre.

Au Tchad, selon le rapport JMP de 2017, 68% de la population soit environ 9.5 millions de personnes pratiquent la défécation à l’air libre. Le Gouvernement Tchadien à travers le Ministère de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche, a officiellement lancé en Novembre 2018 une feuille de route pour un Tchad sans défécation à l’air libre d’ici 2030. L’UNICEF est engagé aux côtés de l’Etat Tchadien pour soutenir la mise en œuvre de cette feuille de route au travers d’actions concrètes telles que les formations de femmes exceptionnelles comme Déné qui contribueront grandement à appuyer le Gouvernement à relever le pari de zéro défécation à l’air libre d’ici 2030.

Polio Vaccination Heroes

The uncommon bravery, energy and dedication, with which two young volunteer vaccinators threw themselves into a recent polio vaccination campaign in the high-risk area of Lake Chad, shows the kind of commitment that has kept Chad polio-free since July 2016.

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Retaining the polio-free status requires constant surveillance, as well as regular vaccination campaigns like the four-day campaign organised in the Lake Chad islands and the Bol Health District, between 30 October to 02 November 2018.  Vaccinators Joël Keinneng and Nahomie Kor-Alyen, wasted no time in getting their campaign underway.

Their target villages were all on islands, some of which are floating. But there was no boatman or navigator available to take them.  So, on 31 October Joël and Nahomie paddled a pirogue themselves for 12 kilometres, to get them from the village health centre in Ngorerom on one island to the village of Reria on another, to carry out that day’s door-to-door vaccination programme.

Not only are the islands difficult to access, due to many grasses and weeds, but there is also the danger of encountering Boko Haram activity. Many would not have undertaken such a journey, but the pair say they are passionate about serving communities in Chad.

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UNICEFChad/2018/Fulbert

Nahomie tells us that at 18-years of age she harbours the ambition to become a doctor, but she still has three years to go before she can complete her baccalaureate and start university.  Joël is 26 years of age and has been vaccinating since he was 19.  He is also a polio surveillance volunteer. Joël and Nahomie are themselves lake dwellers.  They live in the island village of Dosselom, a 1km crossing by pirogue to the health centre in the town of Bol.

The lake is a high-risk area for polio because it is open to four countries – Chad, Cameroon, Niger and Nigeria – and it experiences frequent transfrontier population movements, including refugees and returnees fleeing from Boko Haram attacks.

Confirmed cases of polio in recent years in the neighbouring Borno State of Nigeria, are also a cause for concern (6 cases in 2017; and 5 by end-August 2018).

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UNICEFChad/2018/Fulbert

Because of the difficulty of accessing the islands, and the nomadic life of many island dwellers, many children in this high-risk area have not yet been vaccinated. For all these reasons the supplemental vaccination campaigns such as this are necessary.

During their vaccination programme on the lake island of Reria on 31 October, Joël and Nahomie vaccinated 152 children under 10 years of age.  In all, they visited 172 households.   During their door-to-door visits they also informed 192 women and 142 men about the benefits of vaccinating children.

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UNICEF supports the polio vaccination campaign by supplying the vaccines and by working in partnership with the WHO’s information campaigns and logistical support. The campaign in the Lake Chad area is financed by the Global Polio Eradication Initiative (GPEI), of which the major contributors are the Bill and Melinda Gates Foundation (BMGF), the Centre for Disease Control and Prevention (CDC) and the Rotary Foundation.

 

Writer: Fulbert Ngamargue