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57 millions de dollars d’aide d’urgence nécessaires pour 2,7 millions d’enfants en situation humanitaire au Tchad

La malnutrition constitue une « menace silencieuse » pour les enfants, d’après l’appel de l’UNICEF pour l’année 2017

NEW YORK/N’DJAMENA, le 01 février 2017 – En 2017, 4,7 millions de Tchadiens auront besoin d’une assistance humanitaire en réponse aux multiples crises que connaît le pays. L’insécurité alimentaire continuera d’affecter 4,3 millions de personnes, dont 558 450 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë globale.

En 2017, l’UNICEF a besoin de 57 millions de dollars américains pour répondre aux multiples besoins humanitaires des enfants au Tchad. « Sans ce financement, l’UNICEF ne sera pas en mesure d’appuyer la réponse nationale à la crise alimentaire continue du pays, ainsi que des services de base essentiels tels que la protection de l’enfance, l’éducation, la santé et l’accès à l’eau et à l’assainissement » a déclaré Philippe Barragne-Bigot, Représentant de l’UNICEF au Tchad.

Dans sa publication L’action humanitaire pour les enfants, l’UNICEF présente son appel mondial pour 2017, qui s’élève à 3,3 milliards de dollars des É.-U., ainsi que ses objectifs consistant à garantir aux enfants l’accès à l’eau salubre, la nutrition, l’éducation, la santé et la protection, dans les contextes d’urgence dans 48 pays du monde.

Dans le monde, près d’un enfant sur quatre vit dans un pays touché par un conflit ou une catastrophe. « Dans beaucoup de pays, la guerre, les catastrophes naturelles et les changements climatiques contraignent de plus en plus les enfants à fuir de chez eux. Ils se retrouvent alors exposés à la violence, aux maladies et à l’exploitation », affirme Manuel Fontaine, Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF.

Au Tchad, la situation financière difficile du pays a entravé la capacité du gouvernement à fournir des services de base et à participer au relèvement précoce. De nouveaux efforts seront déployés par l’UNICEF au Tchad pour renforcer le lien entre les interventions humanitaires et les programmes de développement afin d’appuyer le Gouvernement en matière de préparation aux situations d’urgence.

«L’UNICEF continuera de fournir une assistance vitale aux enfants, pour que les populations touchées par les situations d’urgence aient un meilleur accès à l’eau, à l’assainissement et aux services de santé d’urgence. L’UNICEF favorisera également l’accès à l’éducation, au soutien psychosocial et aux services de protection pour les enfants touchés par les conflits » a conclu M. Barragne-Bigot.

Les priorités de l’UNICEF au Tchad et de ses partenaires pour répondre aux besoins d’urgence en 2017 consistent à :

  • Garantir à plus de 268 000 personnes un accès à l’eau salubre.
  • Garantir l’accès de plus de 43 500 enfants a un enseignement élémentaire formel ou non formel.
  • Vacciner au moins 377 000 enfants contre la rougeole.
  • Apporter un appui psychosocial à plus de 13 000 enfants.
  • Traiter au moins 200 000 enfants contre la malnutrition aiguë sévère.

Entre janvier et octobre 2016, grâce au soutien de l’UNICEF au Tchad:

  • 75 300 personnes en situation d’urgence ont pu accéder à l’eau salubre.
  • 352 800 enfants ont été vaccinés contre la rougeole en urgence.
  • 61 500 enfants déplacés et enfants d’accueil dans les zones de déplacement ont reçu une éducation de qualité.
  • 153 300 enfants ont été traités contre la malnutrition aiguë sévère.
  • 124 500 enfants affectées par des crises ont reçu un supplément de vitamine A.

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L’appel au titre de l’action humanitaire pour les enfants en 2017 est disponible ici : www.unicef.org/HAC2017

Des vidéos et des photos peuvent être téléchargées ici : http://weshare.unicef.org/Package/2AMZIF0Y3VA

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient.

Pour plus d’informations sur l’UNICEF et son travail pour les enfants : http://www.unicef.org/fr

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Polio: Les voix de l’espoir

A l’heure d’une riposte d’urgence au Tchad suite à une épidémie de polio déclarée au Nigéria le 10 août 2016, écoutez les voix des héros de la polio.

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« Un jour, j’ai été menacé par un homme avec une kalachnikov. » Mbailassem Negor , vaccinateur, déploie tous les efforts, parfois au péril de sa vie, pour que chaque enfant soit protégé.

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« La santé de l’enfant passe avant tout. Ce que j’aime, c’est passer de maison en maison et discuter avec les mères. » Mine Doumdjide, relais communautaire.

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Les obstacles sur la route des zones les plus difficiles d’accès ne font pas vaciller la détermination de Dousdem Barka Aimé, relais communautaire. « Parfois, il faut marcher sous le soleil pendant des heures. C’est très fatiguant mais je n’hésite pas à le faire pour atteindre chaque enfant. »

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La patience et la politesse de Mbaïnaïssem Laguerre, relais communautaire, sont ses premières armes pour lutter contre la maladie. « Quand je sens que je parviens à attirer la sympathie des gens, je commence à les sensibiliser. Parfois, je n’hésite pas à leur parler pendant des heures, jusqu’à ce qu’ils comprennent et soient d’accord.»

 

Les héros de la polio, les visages de l’espoir

Par Cindy Cao

A l’heure d’une riposte d’urgence sur l’ensemble du territoire tchadien suite à une épidémie de polio déclarée au Nigéria le 10 août 2016, portraits croisés des intervenants en première ligne de la lutte contre cette maladie.  

« Un jour, j’ai même été menacé par un homme avec une kalachnikov ! » raconte un vaccinateur, Mbailassem Negor. Comme lui de nombreux vaccinateurs et relais communautaires déploient tous leurs efforts – parfois au péril de leur vie – pour vacciner les enfants contre cette maladie paralysante. Ils bravent les inondations et marchent pendant des heures, ils discutent avec les communautés pour démystifier les fausses rumeurs et veillent à ce que chaque enfant soit protégé. On les appelle les Heroes of Polio Eradication (HOPE) ou en Français, les Héros de la Polio.

Dousdem Barka Aimé joue un rôle crucial, en tant que relais communautaire. Il fait le lien entre les populations, les centres de santé et les autorités locales. Les obstacles sur la route des zones les plus difficiles d’accès ne font pas vaciller sa détermination. « Parfois, il faut marcher sous le soleil pendant des heures. C’est très fatiguant mais je n’hésite pas à le faire pour atteindre chaque enfant, » avoue-t-il.

Pour sa part, le vaccinateur Abakar Kadi dispose d’une grande force de conviction pour lutter contre les fausses idées et toucher les familles les plus réticentes. Il raconte : « Un jour, alors que nous faisions du porte-à-porte, une femme nous a crié dessus. Elle disait que les gouttes de polio faisaient mourir les enfants en quelques minutes. Elle était furieuse et a fini par nous mettre dehors. Elle était persuadé qu’un de ces enfants était décédé après avoir été vacciné.»

Abakar n’a fait ni une, ni deux. Il a enfourché sa moto pour revenir avec son propre neveu. « Je lui ai dit : Voilà l’enfant que j’aime le plus au monde. Quiconque lui ferait du mal aura affaire à moi ! Je vais lui donner les gouttes de vaccin devant toi. » Face à ce geste, un lien de confiance s’est établi. Ils ont attendu, côte à côte, en silence, 15 minutes, 30 minutes et puis une heure. « Elle a vu que mon neveu était en bonne santé et elle a finalement accepté de faire vacciner ses enfants. »

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La force de convaincre

Les familles ont confiance en la sagesse de l’imam Hamid, 70 ans, qui les encourage au quotidien. « J’explique aux membres de ma communauté que la poliomyélite est destructive. Le Nigeria est en ce moment touché et d’autres pays en paix comme le nôtre n’ont plus cette maladie grâce à la vaccination. » Pour éviter une propagation au Tchad, l’imam recommande aux populations d’ouvrir leurs portes aux vaccinateurs. « Je leur dis que la maladie est très grave, si grave que la protection vaccinale est fournie gratuitement par le Gouvernement. Ils comprennent par ma persistance que c’est une question sérieuse et qu’en privant leurs enfants d’une solution fournie sur le pas de leur porte, ils leur font du tort. »

Mieux formé et éduqué que la majeure partie de la population, Mbaïnaïssem Laguerre, fait de la politesse et la patience ses premières armes pour lutter contre la maladie. « Quand je sens que je parviens à attirer la sympathie des gens, je commence à les sensibiliser. » L’ignorance n’aura pas raison de lui. L’anecdote d’une commerçante qui exigeait d’être payée pour faire vacciner son enfant en est la preuve. « Nous avons parlé très longuement et, finalement, elle a accepté. »

Pour vaincre la maladie, les héros de la polio restent des modèles pour chaque membre de la communauté. Le Tchad n’a plus connu de cas de polio depuis 2012, grâce aux efforts engagés sous l’égide de l’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (GPEI), notamment des donateurs que sont l’Union européenne, les gouvernements du Japon, du Canada et des Etats Unis, ainsi que la Bill et Melinda Gates Foundation, GAVI alliance, le Rotary international et les Centers for Disease Control and Prevention.)