Archives pour la catégorie YOUTH PARTICIPATION

Lutte contre le VIH, engager les jeunes dans le théâtre participatif pour induire des changements de comportements

Par Nancy Ndal-lah – Chargé de Communication pour le Développement – Unité VIH

« A Mao, faire du théâtre pour une fille n’est pas facile. Nous sommes stigmatisées par d’autres filles. Elles disent que nous sommes des filles faciles et les avons trahies. C’est pour cela que j’ai décidé de m’engager à la sensibilisation pour changer ces choses », Hadje Ibrahim Hissein, 22 ans a choisie de participer à la lutte contre le VIH à travers la caravane de théâtre participatif sur le VIH à Mao et Moussoro. Etre sur scène avec les hommes est plus qu’une prestation, c’est une manière de s’affirmer et de s’émanciper.

Dans le cadre des activités de changements de comportements en faveur de l’utilisation des services de prévention et de traitement du VIH, l’UNICEF avec l’appui financier de kfw, organise des caravanes de théâtre participatif dans les Provinces du Kanem et du Barh El Gazal. Considérant les difficultés d’accès aux outils de communication de masse comme la télévision ou la radio et combinée à un taux d’analphabétisme très élevé, le théâtre se révèle comme l’un des outils de communication les plus efficaces. A la fois orale, interactif et teinté d’humour, le théâtre parvient à créer un cadre propice à la diffusion des messages sur le VIH.

Hadje fait partie des 30 jeunes comédiens qui ont été sélectionnés au sein de leur communauté et formés pour conduire la caravane de théâtre participatif sur le VIH à Mao dans la Province du Kanem, localité située à plus de 300 Km au Nord-Ouest de N’Djaména la capitale du Tchad. Dans cette localité, la prévalence au VIH est de 0,7%, un taux légèrement en hausse dans le Barh El Gazal voisin c’est à dire 2,1%. Ces fortes prévalences se justifient du fait des échanges avec les pays voisins comme la Lybie, le Niger, le Soudan. Ceci renforcé par le faible niveau d’information, les pratiques traditionnelles néfastes et normes sociales qui retardent l’accès aux services de santé  par les femmes et les filles.

Vue des acteurs en prestation.JPG

Pendant 14 jours, les acteurs ont été formé aux techniques de mise en scène et ont adapté en langue locale (arabe et goranne) quatre pièces théâtrales sur la prévention du VIH en milieu jeune et adolescent, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH ainsi que des messages grand public avec l’appui de la compagnie théâtrale Hadre Dounia.

Après les derniers consignes sur le déroulé de la caravane, les jeunes comédiens sont tout excités pour leur première prestation. L’animateur les introduit, ils présentent la scène : Hadje joue le rôle d’une femme enceinte qui essaie de convaincre son mari à aller à l’hôpital pour les consultations prénatales mais aussi le dépistage au VIH afin de protéger leur enfant. Le public témoigne d’un grand intérêt pour les prestations.

Le public peut à la suite de la prestation interagir avec l’animateur pour poser des questions ou simplement participer aux jeux-questions et gagner des prix. Un peu plus loin, est installé un centre de dépistage mobile pour les personnes ayant adhéré aux messages et voulant se faire dépister parmi lesquels 411 hommes et 219 femmes. La plupart des femmes sont voilées et ne participent presque pas aux échanges. Elles suivent dans la discrétion et disparaissent aussitôt. Plus de 10 000 personnes en majorité des jeunes et adolescents (71 000 hommes et 3900 femmes) sont touchés par ces séances.

3. Séance de dépistage mobile.JPG

Au Tchad, l’épidémie du Sida constitue un problème majeur de santé publique et une menace pour le développement socioéconomique. Les résultats de l’EDS-MICS 2014-2015 ont montré que la prévalence nationale dans la population de 15-49 ans est de 1,6%, soit une réduction de plus de la moitié par rapport à celle de 2005 (3,3%). Cette situation présente des disparités de tous ordres : les femmes sont plus touchées que les hommes avec respectivement un taux de 1,8% et 1,3% ; la prévalence est sept fois plus élevée en milieu urbain (4,3%) qu’en milieu rural (0,6%). Toutefois, le milieu rural demeure peu privilégié en matière d’accès à l’information.

4. Mariam Abatcha gagnante du jeu-question.JPG

Des actions ciblées qui visent les communautés spécifiques parmi lesquels les jeunes, les femmes et les filles peuvent changer la situation comme le témoigne Mariam Abatcha, l’une des participantes au théâtre : « J’ai compris que les maris doivent laisser leurs femmes aller à l’hôpital et qu’il est important qu’une femme enceinte se dépiste pour éviter la maladie du sida à son enfant et se protéger aussi ».

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TRANSITIONING BACK WITHIN COMMUNITIES AFTER BOKO HARAM

With the contribution from the Government of Japan, UNICEF supports the protection of children affected by the Lake Chad crisis, offering them the means to relieve their trauma, reunify with their family and reintegrate safely in their community.

From one village to another, the story is often similar. Not a lot more than 10 year-old when their life was suddenly disrupted by Boko Haram entering their communities, killing and forcefully enrolling villagers and their children.

Return to normal life after Boko Haram is however not a straight and easy path. Unaccompanied children on the move are indeed most at risk of the worst forms of abuse and harm, and reintegration in communities that have been themselves affected by the conflict, creates further obstacles.

With the aim of creating the conditions needed for children to relieve their trauma and reintegrate safely in communities, UNICEF has supported the Ministry of Women, Family and National Solidarity in establishing a transitional care center (TCC) in Bol (Lake Chad Region). Since the end of 2016, 105 children have been reintegrated through the TCC, receiving psycho-social care but also family tracing and reunification services and training.

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« I do not wish any other child to live what I lived. With Boko Haram, finding food was difficult and we were living in constant fear. We missed our family and we had no freedom. This without mentioning the unending bombing and death. I stayed more than a month at the TCC where they gave me blankets, clothes and trained me in stitching. Today I am back with my family, and even if there is not much, I eat well and manage as fisherman to provide for my needs. » Djaba*, 16 year-old, reintegrated in his community about a year ago.

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« I really liked being at the TCC as we were having a safe and peaceful life. We played football, cards, were eating well and having a bath whenever we wanted. Sometimes I even miss the TCC. Back in Melea, adults accepted me right away, but children used to run away from me. I stayed a month at home doing nothing, until I started farming after seeing other youth doing so. My grand-mother gave me this field and the TCC members who come one or two times a month, bring me seeds for my field. I have already harvested 2 times, and with the money from the sell I bought clothes, a cell phone and some other products to meet my basic needs. »  Oumar*, 16 year-old, fled Boko Haram with another youth in 2015 and spent 5 months in school with the military before being sent to the TCC end of 2016.

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« My contribution is not material. I helped children to reintegrate their communities and encourage them to go to school. I talk with communities for them to understand and accept the children back. To work as fisherman, you have to pay a ‘tax’ to authorities but after I talked to them they understood the vulnerability of these children and agreed they should not pay this ‘tax’ » Abakar Mara Adam, land chief, has engaged to support reintegration of children in the community. Preparing communities that have themselves been affected by the conflict is critical. The TCC has been liaising with communities to ensure children are properly attended for and reintegrated.

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« I told the Social Delegate I wanted to do some trade to help my mother, and the TCC helped me building the kiosk here and gave me a small start-up grant to buy basic products. Thank god, products such as flour and sugar sells well. I manage to sell 2 bags of sugar and 50 kg of rice per week, which is enough to live and feed back into our ‘business’. I am quite happy with my situation and I hope to become a big trader here or back in our island when calm will come back. » Moussa, 14 year-old, asked to be reunified with his mother, his sister and 3 brothers.

Boko Haram crisis has severely affected the lives of hundreds of thousands of families within the Lack Chad region, uprooting girls and boys from their villages and communities and increasing their vulnerability to violence and harm. In 2017, with the contribution of the Government of Japan, UNICEF and his partners have provided psychosocial support to 15,313 children refugees, displaced or associated with armed group, supported family reunification and reintegration services for 122 unaccompanied and separated minors, trained and accompanied the establishment of 20 community-based protection mechanisms, and educated 27,384 people on mine risks.

 

 

Tournoi de football féminin à N’Djamena: place aux filles!

Le premier tournoi de football exclusivement féminin est organisé à N’Djamena du 20 janvier au 3 février par l’UNICEF, en partenariat avec le Réseau des Maisons de Quartier et Jeunes et l’Union des Entraineurs et Educateurs de Football du Tchad.

 N’DJAMENA, 19 février 2018 –  Le Réseau des Maisons de Quartiers et Jeunes, l’Union des Entraineurs et Educateurs de Football du Tchad (UEFT) et l’UNICEF lancent demain samedi 20 janvier, le premier tournoi de football féminin organisé au Tchad depuis deux ans.

Le football est au Tchad, comme dans le reste de l’Afrique, un des sports les plus populaires, avec un engouement toujours renouvelé chez les hommes, et de plus en plus croissant chez les femmes. Pourtant, en dépit de l’augmentation du nombre d’équipes féminines depuis le début des années 90 (Abeilles FC, Farah FC, Espoir FC, Oxygène FC), le football féminin reste marginalisé et aucune compétition n’a été organisée au cours des dernières années.

Cet évènement sportif ludique et récréatif se veut ainsi un catalyseur de l’inclusion des filles dans la communauté en visant non seulement à promouvoir le droit et la participation des filles dans la communauté à tous les niveaux, mais aussi à sensibiliser la communauté sur les différentes problématiques et discriminations auxquels font face les jeunes filles au Tchad.

« C’est beaucoup plus qu’un simple tournoi de football », explique M. Philippe Barragne-Bigot, représentant de l’UNICEF Tchad. « Cette initiative est une vraie plateforme de promotion de la participation et de l’engagement des filles dans leur communauté. »

En effet, le sport joue un rôle important lorsqu’il s’agit d’enseigner des aptitudes et des valeurs essentielles (discipline, confiance en soi, tolérance, coopération et respect) et soutenir d’autre part l’implication des filles dans la vie communautaire en offrant de nouvelles possibilités d’interaction sociale à l’extérieur du foyer familial et des réseaux familiaux : en pratiquant le football, elles jouissent de leur propre espace, physique et émotionnel.

Le premier match aura lieu le 20 janvier 2018 et la finale se tiendra le 3 février au stade Paris Congo.

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 Note aux journalistes

A propos de l’UNICEF

L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient. Pour en savoir plus sur l’UNICEF et son travail: http://www.unicef.org/french

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