Interview de Roukika l’artiste porte-parole pour la promotion des droits de l’enfant

Propos recueillis par Aysha Nour

Quelles étaient vos premières  impressions suite à votre nomination en tant que artiste porte-parole des droits de l’enfant pour l’UNICEF TCHAD ? Que représente pour vous ce titre ?

Ma première impression est qu’une grande mission m’est confiée. Celle d’apporter ma pierre et une touche particulière aux actions de sensibilisation et de conscientisation relative aux droits des enfants. Ce titre m’engage à porter haut et sans relâche la voix des enfants.

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à participer  au festival et particulièrement pour le ‘’Prix Spécial UNICEF’’ ?

En général, ma participation au Festival N’DjamVi est motivée par la volonté d’exprimer mon art et mon engagement. Cette fois-ci,  pour le ‘’Prix Spécial UNICEF ‘’, la pertinence du thème relatif aux droits des enfants m’a particulièrement motivée. En fait, j’ai vécu une enfance difficile dans une famille de 10 enfants. Cela n’a pas été  facile pour notre famille de joindre les deux bouts avec un père parti très tôt et une mère ménagère. Nous avons dû  affronter vents et marées  pour grandir. Voir les autres enfants revivre ce que j’ai vécu sans orientation me fait verser des larmes, et j’aimerais agir en faveur de ces enfants d’une manière ou d’une autre.

Comment voyez-vous votre engagement à travers votre positon d’artiste ?

Mon engagement en tant qu’artiste est d’utiliser le média qu’est la musique pour promouvoir  et faire respecter les droits des enfants partout dans le pays.

Roukika lors d'une prestation au festival N'DJAM VI
Roukika lors d’une prestation au festival N’DJAM VI

Vous êtes élu pour un mandat d’une année, quelles actions souhaitez-vous mener pour promouvoir les droits de l’enfant au Tchad ?

Je souhaite réaliser diverses activités visant à promouvoir la participation et l’expression des jeunes, des concerts de bienfaisance et faire des séries des tournées de sensibilisation et d’information accompagnée de débats et d’échanges sur le respect des droits des enfants par rapport aux problématiques propres aux différentes régions  (enfants bouviers, excisions, travail dans les mines d’or, enfants réfugiés et déplacés, mariage précoce).

Quel objectif aimeriez-vous atteindre à la fin de votre mandat ?

J’espère pouvoir à la fin de mon mandat transmettre des messages,  connaissances et des informations sur les droits de l’enfant et faire prendre conscience à toutes les personnes l’importance de les respecter.

Je vous remercie pour cet entretien. Pouvez-vous finir par un message particulier à destination de tous ces enfants dont la cause vous interpelle ?

« Coucou les amis mes oreilles sont grandement ouvertes pour vous, criez autant que vous pouvez je le porterais loin, plus loin autant que je peux vos voix…!»

 

Au Tchad, près d’un million d’enfants bénéficient de l’appui du projet de revitalisation de l’éducation de base

Par Andry Ramananarivo

Le jeune Mbaiassem Hubert fait partie de ceux qui ont étudié dans les écoles de fortune de son quartier de Quinze ans. Il fait partie de ceux qui croient que l’éducation des jeunes dans un pays comme le Tchad a un pouvoir de changer considérablement leurs vies et celles de ceux qui les entourent.

Hubert est âgé de 14 ans et étudie en classe de Cours moyen 2 à l’Ecole de Quinze ans de Moundou, dans le sud du Tchad. Une école que l’UNICEF, avec l’appui de la Fondation Qatar pour l’éducation, les sciences et le développement communautaire et le Partenariat Mondial pour l’Education (PME), a construit 12 salles de classes en matériaux durable et équipées en tables et  bancs. Auparavant, les salles de classes de cette école étaient en paille et les briques servaient de bancs pour les enfants de 7h à midi.

L'ecole primaire Quinze ans de Moundou
L’ecole primaire Quinze ans de Moundou

« J’avais toujours mal au dos quand je rentrais à la maison après les cours car on s’asseyait sur les briques pour étudier. Mais aujourd’hui, on a le confort en classe grâce aux tables et aux bancs » nous raconte Hubert.

Hubert fait partie des élèves qui travaillent bien à l’école selon son enseignante. C’est un élève très participatif. Quand on regarde ses cahiers, il est très soigné. « Ça n’a pas toujours été le cas » nous confie-t-il « en l’absence de table pour écrire, il était très difficile pour moi de soigner mes écritures. De fois, je n’arrive même pas à relire ce que j’ai écrit en classe »

« Quand je vois le changement au niveau de mon école, je ne peux qu’être joyeux » nous lance Hubert avec un sourire plein les lèvres.

Grâce à l’appui du PME et la Fondation Qatar, le Gouvernement du Tchad a implanté un projet pour la revitalisation de l’éducation de base au profit de près d’un million d’enfants. Cet appui financier permettra à l’UNICEF de construire environ 1690 salles de classe et la mise en place des centaines de points d’eau et de latrines. En plus de la formation des enseignants, l’UNICEF fournit également des kits d’enseignements et d’apprentissages. Des milliers de livres de lecture et de guides pédagogiques seront distribués à travers le pays.

Young Chadians express their views on violence

By Aysha Nour

A video workshop gives children and youth in Chad an opportunity to share their experiences and their vision.

N´DJAMENA, Chad, 24 November 2014 – “Lights! Camera! Action! » a confident voice echoes in the backyard of a house in Chad´s capital, N´Djamena. With tousled hair, ripped clothes and makeup to give the appearance of being bruised, 15-year-old Benedicte Dandé is the director, writer and main actress of a 60-second video entitled My reflection.

Benedicte is one of 15 children from different youth associations who have taken part in a OneMinutesJr. video workshop organized by UNICEF Chad. Over the course of six days, children and youth between age 11 and 18 have learned how to handle a camera, write a script and express their views on violence against children.

Despite her good humor, Benedicte has had a hard life. She lost her father right after birth, and years later lost her mother. She admits having lived through very difficult times until her mother’s second marriage, to a man she refers to as her “guardian angel”.

“I met this man who gave me shelter in his centre,” she says. “This man became a father to me.”

The man is pastor Bolngar Domtinet, director of the Foundation of Love for the Education of Children in Need (FAFED, in French). Supported by UNICEF, the centre was established in 1994 with a mission to promote and protect the rights of children and to give them a supportive setting for their well-being and education.

“The centre helps children who are victims of discrimination and abuse. Benedict grew up in the centre. She is a studious girl with a strong character. I’m really proud of her,” Pastor Domtinet says.

Drawing on life experience

Courageous and confident, Benedicte made use of some of her life experiences during the video workshop, writing and directing a well-crafted short film advocating for children´s rights. Thanks to the workshop, she was able to express her views about the violence some girls are exposed to in Chad, particularly orphans.

“I said to myself that it is easier to write a story that one has experienced personally. So I was inspired to write the script loosely based on my own story,” she says. “In my video, Khadijah, a 12-year-old orphan, has been mistreated and is being taken to FAFED.”

“The main two characters in the video are young girls – orphans. One is already living in the centre, and the other one has been brought after being abused,” she continues. “The film connects the life of both girls. The one living in the centre sees her reflection in the newly arrived. They are connected by pain, and that connection makes them as if they were the same person.”

Other films made by the participants have touched on different forms of violence, such as violence against children living with disabilities, violence suffered by refugee and returnee children from the Central African Republic, and child marriage.
Chad has the third-highest rate of child marriage in the world. It is estimated that three out of 10 girls are married before age 15. Female genital mutilation is also a common practice, affecting 2 out of 5 women, according to the 2010 Multiple Indicator Cluster Survey.

“Through the OneMinutesJunior, UNICEF´s goal is to encourage the expression and participation of children and young people, with special focus on adolescent girls,” said Bruno Maes, UNICEF Representative in Chad, during the closing ceremony of the workshop. “This platform creates the opportunity for them to make their voices heard by a wide and diverse audience, offer them a space of exchange, encounter and learning.”

TheOneMinutesJr. was established in 2002 by the European Cultural Foundation, The One Minutes Foundation and UNICEF to develop new tools to empower young people and promote social change. Chad is participating for the first time, and the videos made will participate in the CRC@25 video challenge.