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DE LA BOUCHE DES RELAIS COMMUNAUTAIRES AUX OREILLES DE LA POPULATION

Une stratégie de sensibilisation massive qui souhaite stopper la propagation de la covid-19 dans la ville de N’Djamena.

par Martina Palazzo

Nous sommes désormais à plus de trois mois de l’apparition du coronavirus au Tchad. Le premier cas a été enregistré le 19 Mars 2020 à N’Djamena et, depuis lors, le nombre de contaminés, y inclut guéris et décédés, n’a pas stoppé. Se protéger et protéger notre entourage de ce virus meurtrier est possible à condition que les gestes barrières soient connus, expliqués et appliqués par la population.

« Les relais communautaires sont proches des populations si bien que tout le monde les écoute. Si les communautés respectent et appliquent les gestes barrières, nous allons réduire au maximum la propagation du virus », déclare Mme Raouda Mahamat Yousuf, Déléguée sanitaire de la province de N’Djamena. « Pour cela, il faut agir maintenant ! », conclut-elle, en encourageant les relais communautaires qui sont venus participer à une formation le 25 et le 26 juin 2020 à la Maison de la Femme de N’Djamena. Une formation à l’endroit de 346 participants, dont 50 de l’organisation CELIAF, 50 de l’Union des Associations Féminines Arabophones du Tchad (UAFAT) et 246 des 5 districts sanitaires de la ville, financée par la Banque Mondiale et KFW Development Bank, et organisée par l’UNICEF Tchad en étroite collaboration avec le Ministère de la Santé Publique (MSP).

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1er jour de formation à la Maison de la Femme pour les districts sanitaires du Sud et de l’Est de N’Djamena. ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

« Être ici aujourd’hui est très important pour moi, car je m’informe et je me mets à jours sur les dernières informations relatives à la pandémie. C’est ainsi que je peux bien sensibiliser les familles », nous dit Fatime Doungous, 45 ans, du quartier Ndjari, relais communautaire depuis 2018.

Fatime Doungous
Fatime, 45 ans, est convaincue que cette formation va l’aider à mieux sensibiliser les gens. ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

Les modules de la formation touchent différentes thématiques, de la situation mondiale au plan de contingence au Tchad, des pratiques de communication à celles d’hygiène, des messages clé aux mesures préventives. Cette formation a été précédée la semaine d’avant de celle de chefs de zone ; des points focaux Information Education et Communication (IEC) ; des médecins chefs de district et des facilitateurs. Au nombre de 17 au total, ces participants ont été tous formés par l’UNICEF et le MSP.

Tous ces acteurs, facilitateurs et relais communautaires, ont décidé de s’impliquer personnellement pour le bien de la communauté. A l’exemple de Moumine Baba Adoum, 27 ans, du quartier Machaga : « Je veux aider les gens de mon quartier qui sont analphabètes. En leur donnant des informations certes et complètes, je peux les aider à accéder aux services de santé et se soigner ou bien prévenir des maladies. Je suis relais communautaire depuis 2011 et j’ai dû me former et sensibiliser sur la rougeole, la tuberculose, la malnutrition, le VIH/Sida, le paludisme. Ces derniers temps c’est plutôt sur la covid-19, mais ce n’est pas si facile. Les gens pensent que c’est une maladie de blanc et qui ne touche pas les pauvres. Ils disent que notre soleil tue le virus. Je me sens appelé à descendre sur le terrain et leur donner les bonnes informations. »

Moumine Baba Adoum
Moumine est en première ligne dans la lutte contre la covid-19 à travers la sensibilisation des communautés.  ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

Moumine conseillera aux membres de sa communauté de se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon ou avec du gel hydroalcoolique, de respecter la distanciation physique, de porter un masque, d’éviter les rassemblements, de manger dans son assiette et boire dans sa propre gourde, et encore s’informer et éviter la propagation de fausses informations.

Il ne faut pas baisser la garde, même si dernièrement les chiffres officiels témoignent une diminution des cas positifs. Selon Delko Félicité, 39 ans , relais communautaire de la CELIAF, la solution est de « parler, écouter et répondre aux questions de nos frères et sœurs ».

Delko Felicite
Félicité est relais communautaire depuis 2006. Pour elle, c’est du volontariat fait avec conviction. ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

De la bouche de ces 346 relais communautaires aux oreilles de la population de N’Djamena, le message est le même :

‘’Protégeons-nous avec les gestes barrières pour sauver de vies humaines. Le coronavirus tue sans discrimination aucune, mais il peut déposer ses armes face à une armée consciente et éveillée.’’

 

N’DJAMENA TAPISSEE D’AFFICHES POUR LUTTER CONTRE LA COVID-19.

par Martina Palazzo

En un jour, la capitale du Tchad se couvre de 8 000 affiches sur les mesures de protection contre la covid-19. Rendez-vous samedi 27 juin 2020 pour les 280 volontaires membres des associations des Guides et des Scouts (AGT et AST) qui sont prêts à sillonner les rues et les quartiers des 10 arrondissements de la ville.
Au visage un masque, ils se retrouvent à 8h dans les points de rassemblement pour un briefing. Au chant « Joie, joie, les Guides et les Scouts sont là. Je tape les mains, je claque les doigts, je tourne par là et je danse un peu », ils attendent la colle et les affiches pour se lancer dans l’aventure du jour : tapisser N’Djamena des messages de sensibilisation pour arrêter l’avancée du coronavirus. A plus de trois mois du premier cas positif au Tchad, baisser la garde en ce moment pourrait faire remonter la courbe de contaminés.

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A la mairie du 1e arrondissement, dans le quartier de Farcha, les Guides se préparent pour la longue journée en chantant et dansant. ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

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Deux Scouts et cinq Guides sur l’Avenue Mobutu avec affiches, colle et gants à la main.  ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo
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Tous les endroits stratégiques ont été couverts, tant sur les axes principaux qu’à l’intérieur des quartiers.  ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

« Les gens pensent que la maladie est partie, car dernièrement selon les chiffres officiels moins de cas sont enregistrés. Moi, je sais que le virus est là. Un ami de ma grande-sœur est décédé suite à cela », déclare Eveline Bourass, 26 ans. « Si je suis là aujourd’hui, c’est parce que je souhaite que les gens prennent connaissance des gestes barrière et se protègent. C’est la seule chose que nous pouvons faire pour gagner contre ce virus. »

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Eveline, 26 ans, est persuadée que son engagement d’aujourd’hui peut aider la population de N’Djamena à vaincre le coronavirus. ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

Le risque de contamination ne disparaît pas tant que la covid-19 continue à circuler parmi une population méconnaissant son existence, les risques et les mesures préventives. Distanciation physique, lavage fréquent des mains à l’eau et au savon ou avec du gel hydroalcoolique, et porte du masque sont les trois règles d’or pour monter sur le podium du citoyen responsable et vertueux. S’informer et éviter la propagation des fausses informations doivent entrer dans la routine quotidienne.

« Au mégaphone, je crie fort qu’il faut respecter ces mesures préventives. En tant que scout, j’ai un devoir envers mon pays. Je veux et je dois aider les tchadiens et les tchadiennes pour que nous ne soyons pas victimes de cette maladie meurtrière », nous dit Ndilnodji Marius, bientôt 18 ans. « A l’occasion de cette sensibilisation, mes confrères et moi du groupe musical Boys Baden avons créé une chanson en deux langues, français et anglais, et quatre dialectes, arabe tchadien, moundang, mesmai et ngambaye. A travers la musique le peuple tchadien écoute et plus facilement intègrent les gestes barrières dans leur quotidien. »

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Marius crie au mégaphone pour que la population écoute les gestes barrière pour se protéger contre le coronavirus.  ©UNICEF CHAD/2020/Palazzo

N’Djamena reste toujours la ville la plus touchée par la covid-19 au Tchad. Les chiffres sont clairs là-dessus : 761 cas positifs sur un total de 865 selon le dernier communiqué (N. 72) du Ministère de la Santé Publique. C’est le moment d’agir pour revenir au plus vite à la normalité. Pour cela l’UNICEF Tchad a coordonné cette activité d’affichage et de sensibilisation massive en étroite collaboration avec les AST et AGT, et l’appui financier d’ECHO-Aide humanitaire et protection civile de l’Union européenne.

Ensemble pour une ville covid-19 free !

LAFYA CONTRE LE MECHANT CORONAVIRUS

par Martina Palazzo

La nouvelle Ambassadrice de l’UNICEF Tchad prend forme dans une bande dessinée pour arrêter l’avancée du virus.

Un monde dessiné, fait de couleurs et de formes arrondies, pour parler aux enfants du Tchad et d’ailleurs. Lafya (paix en ngambaye, l’une des langues nationales) est sa protagoniste, une jeune fille de 8 ans qui apprend, découvre et comprend en ouvrant les portes de la connaissance avec la clé d’une curiosité typiquement infantile. Elle se fait porteuse de messages, de contenus et d’actions devant garantir à chaque enfant de naitre, de grandir et de s’épanouir dans un environnement sain et protecteur, afin d’être un(e) citoyen(ne) utile et actif(ve) qui contribuera au développement de son pays. Autrement dit, Lafya est une héroïne, la nouvelle ambassadrice de l’UNICEF Tchad.

En Mars 2020, l’épidémie de la COVID-19 a franchi les frontières du Tchad, annonçant une période de restrictions, d’alerte et de renonce d’un quotidien qui réconfortait la vie des adultes et des enfants. Ecoles fermées, lieux de culte inaccessibles, restaurants, bars et endroits de rassemblement interdits. A N’Djamena d’abord, ensuite dans le reste du pays, la vie a changé. Elle est devenue moins sociable et plus discrète, ainsi que le rythme de la routine plus lent et moins ponctué. Lafya ne comprend pas ce qui se passe autour d’elle : ses parents ne sortent plus pour aller au travail et elle ne peut pas voir ses copines aussi bien de l’école que celles de son village. Qu’est-ce qui ne va pas ? Les réponses sont toutes narrées dans la bande dessinée « Lafya, la jeune fille contre le méchant Coronavirus ». En feuilletant les pages, la beauté des dessins aide à la lecture qui se fait informative et stimulante. Les mots s’imbriquent pour que le lecteur apprenne, en symbiose avec Lafya, a barré la route au méchant virus qui tue sans discrimination et partout au monde.

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© UNICEF CHAD/2020/Tompte

Une histoire, une leçon de vie, qui devient un plaisir pour les yeux grâce au talent de Blaise Tompte, un jeune tchadien de 29 ans, ingénieur en mécanique qui a fait de sa véritable passion – le dessin – son métier. « Je rêve d’un monde meilleur et ce monde ne peut être construit que par des enfants. C’est pour cette raison que j’ai choisi de dessiner pour eux/elles. Les enfants ont un génie qui dort en eux/elles, et si on réussit à le réveiller, ils/elles peuvent faire des choses que les grands font mal », nous confie Blaise.

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© UNICEF CHAD/2020/Tompte

 

Grace à l’appui financier d’ECHO, l’UNICEF Tchad a pu développer, après un mois de travail intense, cet outil ludique et didactique de sensibilisation. En s’inspirant de l’idée de faire passer des messages aux enfants par un enfant, Lafya commence un voyage d’apprentissage et de divertissement ensemble avec ses jeunes lecteurs. En lisant la bande dessinée, ils/elles peuvent facilement s’identifier et vouloir être comme leur héroïne.

Ce livre aide à sauver des vies humaines en pleine pandémie globale. Comment ?
Lisez l’histoire en cliquant ici.
Téléchargez l’histoire: BD_Lafya_contre_le_mechant_Coronavirus