Archives du mot-clé IcSP

« Ils ont fui la guerre. Ici, nous voulons tous vivre en paix »

Par Badre Bahaji

La cour du chef du village de Ramadja est un grand lieu de rassemblement. Alors que le soleil commence à descendre, les habitants du village, d’une mixité étonnante, se joignent à l’assemblée. En observant l’eau que le chef a apporté à ses hôtes, on s’aperçoit qu’elle est d’une grande pureté.

Marthe est une jeune fille de 16 ans. C’est elle qui a apporté l’eau que le chef offre à ses pairs. Avant de se diriger vers le forage d’où elle a puisé cette eau, elle fait un détour pour comparer celle de l’ancien puit traditionnel de son village avec celle du forage récemment installé grâce au soutien de l’Instrument contribuant à la Stabilité et à la Paix de l’Union européenne.

La différence est saisissante, et ce n’est pas qu’une impression. C’est l’avis de Lydie Ousmal, une mère de 7 enfants : « Quand on buvait l’eau du puit, mes enfants tombaient souvent malades à cause de sa mauvaise qualité. Depuis que nous buvons celle du nouveau point d’eau, aucun de mes enfants n’a été malade ! » dit-elle fièrement avant de continuer : « En plus, maintenant, quand quelqu’un du village est malade, on va au centre de santé du camp qui est tout proche. Cela profite à tout le monde. »

Le village de Ramadja est situé à 2 kilomètres de Danamadja et Kobiteye, deux camps de retournés de la République Centrafricaine qui accueille plus de 20 000 personnes. Entourés par les champs de sorgho et de coton, les habitants de ce village de 175 âmes ont subi de plein fouet les conséquences de l’arrivée des Tchadiens qui ont fui les violences de l’autre côté de la frontière.

Alaramadji Jeremy est le chef du village de Ramadja : « Depuis que les retournés sont arrivés, la vie de notre village a totalement changé. Des ferricks de nomades se sont installés aux alentours du village. Ils utilisent nos terres et nos points d’eau. Comme ils ont perdu leurs troupeaux dans leur fuite, il ne leur reste plus que la terre à cultiver » raconte-t-il avant d’ajouter : « On doit s’entraider. On est différents mais on doit vivre ensemble. »

5Y5A7307-lite

Juliette est une jeune fille de 15 ans qui a de l’ambition pour elle et sa famille. Malgré les difficultés, elle tient absolument à terminer sa scolarité. Depuis que l’école voisine du camp a ouvert des classes supplémentaires, elle peut nourrir cet espoir : « A l’école de Kobiteye, on est tous mélangés. Dans ma classe, il y a 41 enfants des villages et 37 retournés. On ne parle pas les mêmes langues mais on s’aide. On se prête les feuilles et les stylos quand on a besoin, » dit-elle timidement.

Nantamadji Tibde est un agriculteur de 36 ans. Il cultive principalement du mil, du coton et des haricots. Il raconte qu’un jour, alors qu’il travaillait dans son champ, des retournés de RCA l’ont approché. « Quand ils m’ont raconté leur histoire, ça m’a beaucoup touché. Après avoir parlé au chef du village, je leur ai donné un tiers de ma terre pour qu’ils se la partage entre eux. Avant je récoltais entre 20 et 25 sacs de mil, maintenant seulement entre 12 et 15. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Ils ont fui la guerre. Ici, nous voulons tous vivre en paix. »

5Y5A7280-lite

Le village de Ramadja a bénéficié du soutien de l’Instrument contribuant à la Stabilité et à la Paix de l’Union européenne, notamment par la construction d’un forage moderne, facilitant ainsi la cohabitation pacifique entre communautés hôtes et retournés de RCA dans le sud du Tchad.
Grâce au soutien de l’IcSP, l’UNICEF concentre son action sur l’accès à des services sociaux de base à savoir la santé, la nutrition, la prévention du VIH/Sida et l’éducation. L’UNICEF favorise aussi l’accès à l’eau potable, aux structures d’assainissement et à l’amélioration des pratiques d’hygiène. Dans le domaine de la protection, l’UNICEF facilite la réunification familiale et le soutien psychosocial des enfants.  

Learn more: 1-pager-EU-Stabilisation-Fund-EN_web_final

En savoir plus :1-pager-EU-Stabilisation-Fund-FR_web_final

EU-UNICEF_final_logo

L’espoir d’une enfance retrouvée

Par Arnaud Dionro

Après le décès de ses parents, Bachirou, un enfant réfugié de Centrafrique, est en quête de nouveaux repères.

Bachirou Ndjingui a 6 ans. A son arrivée sur le site de retournés de Centrafrique de Djako dans le Logone Occidental, le 25 août 2014, il n’avait ni document d’identité, ni la force de raconter son histoire. En provenance de Garouboulaye, une localité du Cameroun, Bachirou a été identifié par l’OIM au Cameroun comme enfant non accompagné, avant son arrivée au Tchad.

Lire la suite L’espoir d’une enfance retrouvée