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In Chad, Nigerian refugees discover education for the first time

By Badre Bahaji

Bagasola, CHAD, March 3, 2016 – “I never had the chance to go to school. I am very happy to learn new things every day. I love mathematics,” says Aisha Mahamat, 15.

Aicha

This young Nigerian refugee in Chad was married when she was 13 years old. She is now divorced and mother of a child. She lives with her mother and son in Dar es Salam refugee camp, in the Lake region of Chad. For the first time in her life she is realizing her dream: to go to school.

“Now, I have the opportunity to study. My son, Aboukar, stays with my mother when I am in class,” she explains with a proud smile.

Bello Ali is a 10-year-old energetic kid. He was born in Nigeria, in a village alongside Lake Chad. “My father is a herder. I was not going to school as I was always with our cattle,” he explains. “Today, it is the first time I study. I love it.”

Bello

Bello never misses a class at school. “I don’t want to do like my father. I want to study to become a soldier, but not to wage war. I want to protect others,” he says.

On the morning of January 3, 2015, Ibrahim Adamu’s small town came under attack. He was forced to flee his home alone, leaving behind his grandmother who was unable to make the journey. He’s now living with a host family in Daresalam Refugee camp.

Ibrahim

Ibrahim, 10, is now going to school for the first time and started a new journey to discover letters and numbers. “When I arrived, I did not want to go to school, I was scared. But now I got used to it and I hope to learn to read and write” he said.

Jumpstarting education

In Chad, close to 75,000 people[1] have been displaced due to the violence in the Lake region and are now living in refugee and internal displaced camps. This movement of people has put additional pressure on the already fragile education system. Owing to insecurity, 30 percent of the existing public schools closed down.

In emergency situation, getting children back to school is a quick win. School can facilitate return to normalcy and provide the stability, structure and routine that children need to cope with loss, fear, stress and violence.

As of January 2016, more than 11,000 children were enrolled in 56 schools in areas affected by the emergency in the Lake Region. With financial from the United Nation’s Central Emergency Response Fund (CERF)[2], UNICEF has been able to rehabilitate and build 34 classrooms, train teachers and provide learning and recreation materials for 30,000 children. In addition, 12,000 girls have received dignity kits to meet their hygiene needs.

Between 2015 and 2016, UNICEF Chad received close to USD 3,000,000 from the UN CERF to support health care, nutrition, water, sanitation and hygiene and protection interventions for refugees, internally displaced people, returnees and host population affected by the Nigerian crisis in the Lake Region of Chad.

By attending temporary schools, Ibrahim, Bello, Aisha and other refugee children can focus on their dreams and their future.

[1] Over 6250 refugees, 11 000 returnees and 56 000 IDPs affected by ongoing violence in Lake Region of Chad.

[2] A total of USD 700,000 allocated to Education activities.

 

Séraphine a dit oui à la santé de la mère et de l’enfant

Par Khadidja Toloumbaye

En ce mois de juillet, deux salles de classe du Lycée municipal de Bol, déserté par les élèves pendant les vacances, se sont transformées en salles de formation.

Un atelier de renforcement de capacités de 72 paramédicaux s’est tenu dans cette région qui fait face à d’énormes défis sanitaires, d’autant plus après l’arrivée massive de réfugiés fuyant les violences au nord-est du Nigéria.

Ces paramédicaux ont été recrutés dans le cadre du projet de revitalisation des structures sanitaires de la bande sahélienne mis en œuvre par le Ministère de la santé publique (MSP) avec l’appui de l’UNICEF et de nombreux partenaires dont le Fonds Français Muskoka.

Séraphine, 31 ans, sage-femme de formation, mariée et mère de trois enfants explique pourquoi elle a choisi cette voie : « J’ai souhaité m’engager pour découvrir ce qui se passe en dehors de N’Djaména dans le domaine de la santé et apporter ma petite contribution pour aider les populations, et apprendre davantage. »

Ayant passé son stage de perfectionnement à l’Hôpital Mère et Enfant, la gracieuse Séraphine connait les défis qui l’attendent sur le terrain en matière de prise en charge des mères et des enfants. Cela ne l’a pas découragé pour autant : « Quand on m’a proposé cette affectation, j’ai dit oui sans hésiter. »

Séraphine sera finalement affectée au centre de santé de Doumdoum dans le District sanitaire de Kouloudia où elle sera l’unique sage-femme à exercer. Une véritable bouffée d’oxygène pour les populations même si les défis perdurent : « Les femmes ici viennent beaucoup à la consultation prénatale mais quand elles veulent accoucher, elles restent à la maison. Il faut beaucoup communiquer pour changer les comportements. Ici, les conseils sont aussi importants que les soins ».

Le déploiement de personnels de santé comme Séraphine a apporté une plus-value indéniable dans la prise en charge sanitaire des populations ciblées. Quelques semaines seulement après leur déploiement sur le terrain, Séraphine, ainsi que les 23 autres sages-femmes du groupe de paramédicaux, ont été intégrées à la fonction publique, preuve de l’engagement durable du gouvernement pour l’amélioration de la santé maternelle et infantile sur toute l’étendue du territoire.

Le projet de revitalisation des structures sanitaires de la bande sahélienne a démarré en avril 2012 par le recrutement, la formation et le déploiement de paramédicaux, notamment des sages-femmes, infirmiers et agents techniques de santé.

De nouveaux centres de santé additionnels ont été créés et certains non fonctionnels ont été revitalisés. Ce partenariat entre le Ministère de la santé publique et l’Unicef vise à améliorer les indicateurs de santé, surtout en matière de mortalité maternelle, néonatale et infantile.

Retour sur le chemin de l’école à Daresalam

Par Assane Moustapha

A 7h du matin, les élèves de l’école Espoir II de Dar-Es-Salam accourent vers les salles de classe où les maitres les attendent pour commencer la première leçon. Les plus petits d’entre eux arrivent avec un léger retard, c’est le cas de Dada Souleymane. Cette jeune fille réfugiée du Nigéria âgée de 5 ans entre à l’école pour la première fois. Habillée d’une robe neuve, un foulard sur la tête, tenant d’une main une ardoise et de l’autre un cahier, elle entre dans la classe sans s’annoncer. « J’ai voulu aller à l’école pour faire comme les grands. Mon papa est à Lagos, ma maman a décidé de nous inscrire avec mon grand frère. Quand je serai grande, je serai infirmière comme les femmes du centre de santé du camp, » ajoute-elle.

C’est la deuxième rentrée scolaire dans le camp de Daresalam. Les classes sont composés d’enfants réfugiés, d’autochtones et de déplacés. Les cours ont débuté timidement car les parents tardent encore à inscrire leurs enfants. Assis sur une natte, dans une classe à moitié pleine, Moustapha Mahamat élève de CP2 suit attentivement le cours dispensé par le maitre. A 12 ans, cet enfant réfugié est à sa deuxième année dans cette même école. C’est son père Mahamat Abakar qui l’a motivé à fréquenter l’école du camp : « nous, en notre temps, nous n’avons pas eu la chance de fréquenter l’école et les conséquences sont déjà visibles, donc il faut se donner corps et âme pour apprendre à l’école afin d’assurer son avenir » dit-il.

Dans la salle de classe voisine, Abdou Harouna, est un jeune enfant tchadien qui vit dans un village proche du camp. Il s’est réinscrit dans l’école du camp qui se trouve à un jet de pierre de son domicile. Abdou a commencé à fréquenter cette école l’année dernière quand celle du village de Dar-Es-Salam a été fusionnée avec celle du camp. Le souhait de Abdou est de voir un jour l’école de Dar-Es-Salam construite avec des matériaux durables pour permettre aux enfants réfugiés et autochtones d’apprendre dans des conditions plus agréables.

« Moi, je veux continuer mes études car l’école me permettra de devenir un homme respecté et également de m’occuper de ses parents. Ce sont eux qui m’encouragent à aller à l’école pendant que eux travaillent au champ », raconte-il.

Environ 80% des enfants réfugiés du Nigéria n’avaient jamais été scolarisés avant leur arrivée au camp, et découvrent avec bonheur l’univers des chiffres et des lettres. Sur le camp de Dar-es-Salam, plus de 1 000 élèves ont fait leur rentrée scolaire, dont 36% de filles. Le Gouvernement du Tchad, l’Unicef et ses partenaires apportent un appui aux enfants du camp et des communautés hôtes environnantes, à travers la construction d’Espaces Temporaires d’Apprentissage et la distribution de matériels pédagogiques pour les élèves et les enseignants.

L’éducation des enfants affectés par des crises humanitaires constitue une préoccupation majeure pour l’UNICEF au Tchad. En 2014-2015, plus 118 000 enfants réfugiés, retournés et déplacés internes ont pu bénéficier d’une éducation de qualité dans les zones d’urgence au sud, à l’est et dans la région du Lac).