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L’UNICEF Tchad se félicite de l’adoption du nouveau Code Pénal interdisant le mariage des enfants

N’Djamena, 22 décembre 2016 – La Représentation de l’UNICEF au Tchad, se félicite de la réforme du Code Pénal ayant permis l’interdiction du mariage des enfants. Suite à son adoption par l’Assemblée Nationale, le 12 décembre 2016, l’âge légal du mariage au Tchad a été relevé de 16 à 18 ans. Cette réforme prévoit également l’abandon de la peine de mort.

La révision du Code Pénal est un immense pas en avant pour ce pays où plus de deux filles sur trois (68%) sont mariées avant 18 ans. Bien que de nombreux problèmes demeurent, le Tchad a pris des mesures en vue d’améliorer le dispositif de protection de l’enfance. L’UNICEF réitère sa détermination à offrir son appui dans la mise en œuvre de ces différentes mesures.

Le mariage d’enfants est une violation de leurs droits. Les filles qui sont mariées à un âge trop jeune ont moins de chance de fréquenter l’école, elles courent plus de risques de subir des violences domestiques, d’être infectées par le VIH/sida ou de mourir de complications pendant la grossesse ou l’accouchement. Les mariages d’enfants ont un effet négatif sur les économies et favorisent le cycle intergénérationnel de pauvreté.

En 2015, le Tchad a promulgué une loi punissant de 5 à 10 d’emprisonnement et de 500.000 à 5 millions de FCFA toute personne qui contraint une mineure au mariage. Le pays, avec le soutien de l’Union Africaine et du Système des Nations Unies s’est engagé à mettre fin au mariage des enfants d’ici 2020.

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient.

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Maria Fernandez I Chef de la Communication I UNICEF Tchad
+235 66 36 00 42 I mfernandez@unicef.org I www.unicef.org/chad

 

 

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Selon l’UNICEF, une majorité d’hommes et de femmes est opposée à la mutilation génitale féminine dans les pays où persiste cette pratique.

N’Djamena 14 juillet 2016Selon des données de l’UNICEF, environ deux tiers d’hommes, de femmes, de garçons et de filles des pays où la mutilation génitale féminine (MGF) est la plus répandue affirment vouloir voir cette pratique disparaître.

Dans les pays pour lesquels des données sont disponibles, 67% des filles et des femmes et 63% des garçons et des hommes sont opposés à la poursuite de cette pratique au sein de leurs communautés.

« Bien que la mutilation génitale féminine soit associée à la discrimination sexuelle, les chiffres montrent que la majorité des garçons et des hommes y sont en fait opposés », a dit Francesca Moneti, Spécialiste de la protection de l’enfance à l’UNICEF. « Malheureusement, le désir de mettre fin à la mutilation génitale féminine est souvent dissimulé et de nombreux hommes et femmes croient toujours que cette pratique est nécessaire pour qu’ils soient acceptés dans leurs communautés. »

Les données montrent que dans certains pays, les hommes s’opposent plus fortement à la MGF que les femmes. En Guinée, le pays ayant le deuxième taux de prévalence dans le monde, 38 % des hommes et des garçons s’opposent à la poursuite de la MGF par rapport à 21 % des femmes et des filles. La même tendance s’observe en Sierra Leone, où 40 % des garçons et des hommes souhaitent voir cette pratique disparaître par rapport à 23 % des filles et des femmes, et au Tchad où 49 % d’hommes et 36 % de femmes s’opposent à la MGF.

La différence la plus frappante entre les perceptions des hommes et des femmes sur la MGF se trouve aussi en Guinée où 46 % des hommes et des garçons affirment que la MGF ne présente pas d’avantage particulier contre seulement 10 % chez les femmes et les filles. Il apparaît aussi que dans seulement un peu plus de la moitié des quinze pays pour lesquels des données sont disponibles qu’au moins une fille et une femme sur trois affirment que la MGF ne présente pas d’avantage particulier. Cette proportion est très similaire chez les garçons et les hommes, sauf dans deux des douze pays pour lesquels des données sont disponibles.

En plus d’une vaste majorité de personnes s’opposant à cette pratique préjudiciable là où elle est le plus exercée, de nombreux éléments indiquent l’existence d’un mouvement et d’un engagement croissants pour mettre fin à la MGF.

En 2015, la Gambie et le Nigeria ont adopté une législation nationale criminalisant la MGF. Plus de  1900 communautés, couvrant une population estimée à 5 millions de personnes dans seize pays pour lesquels des données existent, se sont prononcées publiquement pour l’abandon de cette pratique. Les Objectifs de développement durable adoptés par l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2015 comprennent une cible demandant l’élimination de toutes les pratiques préjudiciables telles que la mutilation génitale féminine et le mariage des enfants d’ici 2030.

Au Tchad, la loi n°006/PR/2002 du 15 avril 2002 portant sur la promotion de la santé de reproduction dispose à l’article 9, alinéa 2, que toutes les formes de violences telles que la mutilation génitale féminine sont interdites. Mais dans la réalité, les MGF restent courantes. Les croyances religieuses, l’appartenance ethnique, le niveau d’éducation et le milieu semblent avoir un impact réel quant au recourt à ces pratiques.

Les recherches de l’UNICEF révèlent aussi l’existence d’un lien possible entre le niveau d’éducation de la mère et la probabilité que sa fille sera excisée. Parmi les vingt-huit pays pour lesquels des données sont disponibles, environ une fille sur cinq de femmes n’ayant pas fait d’études a subi la MGF par rapport à une fille sur neuf de mères ayant fait au moins des études secondaires.

Au moins 200 millions de filles et de femmes vivant aujourd’hui dans trente pays de la planète ont subi une MGF, un ensemble de procédures pouvant entraîner des douleurs physiques et psychologiques extrêmes, des hémorragies prolongées, le VIH, la stérilité et la mort.

Considéré comme un pays à faible prévalence, au Tchad 4 filles et femmes âgées de 15 à 49 ans sur 10 ont subi cette pratique néfaste. Aucune baisse notable n’a été constatée depuis 2000 lorsque les données nationales sur les MGF/E ont commencé à être recueillies au Tchad avec l’appui de l’UNICEF.

« Les données peuvent jouer un rôle important en mettant en évidence les opinions des communautés sur la mutilation génitale féminine », a dit Francesca Moneti. « Quand les individus se rendent compte que les autres ne soutiennent pas cette pratique, il devient plus facile pour eux de mettre fin à la MGF. Il est nécessaire de mener une plus grande action auprès des jeunes, des hommes et des femmes, auprès de l’ensemble des communautés et des responsables religieux et politiques pour mettre en avant les résultats provenant de ces recherches et les effets préjudiciables de la MGF, cela afin de davantage accélérer le mouvement qui s’est engagé pour mettre fin à cette pratique. »

UNICEF, avec le FNUAP, mène le programme international le plus important destiné à encourager l’élimination de la MGF. Il appuie actuellement des opérations dans dix-sept pays en conduisant une action à tous les échelons, du niveau national au niveau communautaire.

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Téléchargement de photos et de vidéos de qualité professionnelle sur le lien suivant : http://weshare.unicef.org/Package/2AMZIF3AZGS

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Le droit de rêver à un avenir meilleur

Par Aicha Chir Nour 

Garba Haroun, 16 ans, vivait paisiblement avec sa famille à Baga, un village sur les rives du Lac Tchad où la plupart des habitants subsistent de la pêche.  Mais un jour, tout a basculé. « La rumeur courait depuis quelques temps déjà. Les combattants de Boko Haram avaient pris l’habitude de kidnapper des jeunes comme moi pour les forcer à rejoindre leurs troupes, certains de mes amis ont disparu et aucun n’est revenu vivant » raconte-t-il, amer.

L’été 2015, lui et sa famille décident de fuir en pirogue vers le Tchad. Arrivé à Ngouboua, de l’autre côté de la rive du Lac Tchad, Garba fait très vite la rencontre d’Ila Youssouf, 15 ans, un jeune tchadien originaire du village. «Dès la premiere fois, le courant est passé entre nous. Il parlait la langue Peule comme moi. Très vite on est devenus amis. Il m’a dit qu’il voulait apprendre le français alors je l’ai amené chez mon maitre d’école pour qu’il s’inscrive, » raconte Ila, tout sourire.

Plus de 80% des enfants réfugiés venus du Nigéria dans la région du Lac, n’ont jamais eu la chance d’aller à l’école. « A Baga, j’aidais plutôt mon père à pécher, je n’ai jamais pensé que je mettrais les pieds à l’école. C’est comme ça, tu as ceux qui peuvent aller à l’école et devenir Ministre et ceux qui resteront pêcheurs ou agriculteurs toute leur vie, comme leurs parents et leurs grands parents, » ajoute Garba.

Février 2016, la violence rattrape les deux amis. Ngouboua a été attaqué par Boko Haram, de nombreuses personnes ont été tués y compris le chef du village. Dans la panique, les familles se sont séparées. Garba me raconte ce moment difficile : « J’étais vraiment en colère parce qu’après avoir tout laissé au Nigéria, je commençais à refaire ma vie ici. J’ai trouvé ça très injuste parce que nous n’avons rien fait de mal. » Ila le coupe et ajoute, «tout ça, ce sont des problèmes de grands ».

Par chance, Ila et Garba se retrouvent tous les deux dans le camp de réfugiés de Daresalam où la plupart des réfugiés du Nigéria et des déplacés tchadiens se sont installés pour retrouver un semblant de vie normale. « Arrivé à Daresalam, j’ai demandé aux gens s’ils connaissaient un certain Ila. On m’a dit qu’il était le délégué de classe de l’école  qui porte le nom « Espoir » confie Garba avec un grand sourire avant d’ajouter « C’est là qu’on s’est retrouvé et j’ai repris le chemin de l’école, pour de bon j’espère. »

Garba (blue) fled his village of Baga in Nigeria to find refuge in Chad. Ila (yellow) is a Chadian living in the Lake Chad area. Today, these two children from different origin are best friends and attend school in the refugee camp of Daresalam. They are
Garba (à droite) a fui son village de Baga, au Nigéria pour trouver refuge au Tchad. Ila (à gauche) est un tchadien vivant dans la région du Tchad. Les deux garçons sont maintenant meilleurs amies et vont à l’école dans le camp de réfugiés de Daresalam. UNICEF/2016/Bahaji

Quand je leur ai demandé s’ils se disputaient, Ila me répond « Oui, comme tous les amis mais on arrive toujours à se comprendre. Garba a un côté enfantin. Il a 15 ans mais il joue encore aux élastiques pendant que moi je préfère jouer au foot. J’adore imiter les techniques de jeu de Messi, » ajoute-t-il en faisant des passements de jambes avec un ballon imaginaire dans la salle de classe ce qui les fait tous deux éclater de rire.

Avant de partir, Garba me confie « Je ne veux plus repartir au Nigéria. Je veux rester ici et continuer à aller à l’école. Avant je ne pensais qu’à faire comme père, mais j’ai compris que chaque enfant doit étudier s’il veut vraiment aider ses parents, » conclut-t-il.

Les professeurs sifflent soudain la fin de la récréation. Je leur fais la promesse de revenir les voir, ce à quoi ils me répondent « Nous on promet d’aller jusqu’au bout de nos études et de devenir des grands hommes demain ! »

Garba est timide, presque secret, Ila est plutôt rieur et taquin mais les deux ont un potentiel incroyable. Je pars en espérant qu’ils puissent apprendre davantage pour qu’un jour, ils puissent réaliser leurs rêves. Des millions d’enfants comme ces deux amis ne jouissent pas de leurs droits à cause des conflits. Il est possible de changer cette situation et créer les conditions pour que tous les enfants aient une chance égale de survivre, de se développer, et d’atteindre leur plein potentiel. C’est la recette simple pour une société plus juste.