Archives du mot-clé santé

« C’est la Vie ! » : Lancement officiel de la série télévisée au Tchad

1ère série africaine d’éducation par le divertissement bientôt sur les chaines télévisées tchadiennes grâce au Fonds Français Muskoka.

N’Djamena, 26 Avril 2017 – L’Ambassade de France au Tchad organise, le mercredi 26 avril à l’Institut français du Tchad, une cérémonie de remise de l’intégralité de la première saison de « C’est la Vie ! » (26 épisodes de 26 minutes) aux trois chaînes de télévision nationales : la Télé Tchad, Electron TV et Al Nassr TV, qui se sont engagées à diffuser la série sur leur antenne.

« Cette série, qui permet de communiquer de manière innovante, a pour objectif d’informer et de sensibiliser un très large public sur la santé en général et les violences de genre » a déclaré l’Ambassadeur de France au Tchad S.E.M. Philippe Lacoste. « Pendant 26 minutes, les téléspectateurs peuvent suivre le quotidien d’un centre de santé qui essaie de soigner les habitants mêlant à la fois des moments de joies mais aussi de malheurs. Le ton est humoristique, sans pour autant gommer les aspects dramatiques ».

Cette série a pour but de sensibiliser les jeunes et les adolescents aux bonnes pratiques en matière de santé. Plein d’humour et de conseils pratiques, le feuilleton traite également des réalités socio-culturelles qui ont une forte influence sur la santé maternelle, néonatale et infantile.

« Lancée en 2010 lors du sommet G8, l’initiative Muskoka est mise en œuvre à la fois via le canal bilatéral, géré par l’AFD, et le canal multilatéral, avec notamment le Fonds Français Muskoka mis en œuvre conjointement par l’UNICEF, l’OMS, l’UNFPA et ONU-Femmes dans 8 pays dont le Tchad » a rappelé l’Ambassadeur de France au Tchad S.E.M. Philippe Lacoste. Depuis 2012, la France a accordé 24.8 millions d’euros au Tchad pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile.

En dépit de progrès significatifs au Tchad, les indicateurs de santé maternelle, néonatale et infantile demeurent inquiétants. Selon les résultats de l’enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS) de 2014-2015, le taux de mortalité maternelle est passé de 1099 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2004 à 860 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2014, le taux de mortalité infantile est passé de 102 pour 1000 naissances vivantes en 2004 à 72 décès pour 1000 naissances vivantes en 2014.

Pour plus d’informations ou pour des demandes d’entretien, veuillez contacter :

Sarah Mokri, Attachée de Coopération, Ambassade de France au Tchad : sarah.mokri@diplomatie.gouv.fr

Maria Fernandez, Chef de Communication, UNICEF, Tel: +235 66 36 00 42, mfernandez@unicef.org

Toussaint Mbaitoubam, Chargé de Communication, UNFPA, Tel: +235 66 27 50 33, mbaitoubam@unfpa.org

Jonas Naissem, Chargé de l’Information et Promotion de la Santé, OMS, +235 66 29 47 20, naissemj@who.int

Publicités

Merveille : « Jouons ensemble. Il ne faut plus se battre »

Par Cindy Cao

Feiganazoui Merveille, jeune fille centrafricaine, a fui l’horreur de la guerre. Arrivée en tant qu’enfant non-accompagnée au Tchad, elle vit aujourd’hui aux côtés d’autres réfugiés et retournés tchadiens. Rencontre.

Alors que d’autres jeunes filles de 14 ans apprennent, s’amusent, grandissent et s’épanouissent, Merveille, elle a connu un destin différent. A 14 ans, elle a vu ses parents mourir sous les balles en République Centrafricaine (RCA).

« Il était 3 heures du matin quand les attaques ont commencé et j’ai couru vers l’Ecole de la Liberté. Vers 15h, il y a eu de nouvelles attaques et mes parents sont morts. Ils fuyaient ensemble et on leur a tiré dessus. Je les ai vus. Ils étaient derrière moi, » continue Merveille d’un ton placide. « Puis, j’ai vu un véhicule du Gouvernement tchadien et je n’ai pas réfléchi. J’ai sauté dedans. Mes frères et mes sœurs sont restés à Bossangoa. Depuis, je n’ai aucune nouvelle de ma famille.»

Le récent conflit en RCA a affecté le Tchad plus que les autres pays limitrophes car il a non seulement entrainé un afflux important de réfugiés, mais aussi et surtout, une arrivée massive de Tchadiens installés en Centrafrique depuis des générations. Cet afflux de populations a créé une pression additionnelle importante sur les infrastructures sociales de base et les communautés elles-mêmes extrêmement vulnérables.

Grâce au soutien de l’Union Européenne, via l’Instrument de Stabilité et de Consolidation de la Paix, cinq agences des Nations Unies (UNICEF, FAO, UNHCR, IOM, PAM) interviennent dans plusieurs domaines pour améliorer les conditions de vie des réfugiés, retournés et des communautés hôtes dans les zones d’accueil du sud du Tchad.

Enseigner la paix

« Je vis seule dans un abri sur le site, » continue la jeune fille. « Je suis contente parce que le site est sécurisé. Je veux rester ici jusqu’à ce qu’il y ait la paix en Centrafrique. » Ici, Merveille a accès à des services de santé. « Il y a un mois, je suis tombée malade. Je suis allée au centre de santé. J’ai eu droit à une consultation et reçu des médicaments. » 

La jeune fille envisage un avenir en paix auquel elle contribuera. Pour y arriver, elle mise sur l’éducation. « Je vais à l’école sur le site et je suis en CM2. Plus tard, j’aimerais devenir enseignante pour pouvoir donner conseil aux enfants et promouvoir la paix. J’organiserai des matchs de football avec les enfants pour promouvoir l’esprit d’équipe. Nous sommes tous frères et sœurs, il ne faut plus se battre. Il faut jouer ensemble. »

EU-UNICEF_final_logo

Haoua et Halimé : une victoire contre la malnutrition

 

Ferrique Kadam, 27 Août 2016. Dans un paysage naturel et sous le regard attentif de la Reine du Guéra, chaîne montagneuse et carte de visite de la région, nous rencontrons Haoua, une jeune mère nomade, qui a mené une bataille contre la malnutrition et le paludisme dont a souffert son enfant.

Haoua, 17 ans et mariée, a une fille de 17 mois (Halimé). Elle nous reçoit dans son campement nomade, dans le Ferrique Kadam, où elle s’est installée avec toute sa famille. Nous sommes près de Niergui, un village de la région sahélienne du Guéra, au Tchad.

Un voisin de Haoua, Ismael, nous raconte que « cette région est très recherchée par les familles nomades pendant la saison des pluies, pour ses pâturages frais et verdoyants où le bétail peut se nourrir ». « La culture des céréales (surtout du sorgho et du maïs) est une autre activité qui permet la survie de nombreuses familles pendant cette époque de l’année », ajoute Ismael.

Haoua prend soin de sa fille, s’occupe des tâches ménagères et cultive des arachides, du millet, du sésame et autres céréales pour subvenir aux besoins de sa famille. Néanmoins, le manque de nourriture adéquate et autres carences ont mis en danger la survie de son bébé.

Sur les raisons qui l’ont amenée au Centre de santé de Niergui pour la première fois, Haoua dit : « j’y suis allée avec ma fille parce qu’elle faisait de fortes diarrhées ». Encouragée par son mari et conseillée par un relais communautaire, qui se rend régulièrement au Ferrique Kadam, Haoua a marché plusieurs heures en portant sa fille sur le dos pour être reçue dans le Centre de santé de Niergui, situé à 15 km.

« En plus de la diarrhée, il m’a dit que ma fille était malnutrie et qu’elle était atteinte du paludisme », Haoua se souvient des paroles de l’infirmier que les a reçues au Centre de santé de Niergui.

Halimé a été admise au Centre de santé de Niergui où un traitement pour la malnutrition et le paludisme lui a été administré.

6.jpg

 « Après avoir pris les médicaments, ma fille a été guérie en deux semaines », souligne la mère en arabe tchadien. Puis, lors des visites successives au Centre, Haoua a bénéficié d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) – plus connus sous le nom de « plim plim » ou « plumpy nut » -, et en a profité pour se fournir en farine thérapeutique, aliment indiqué également pour apporter les nutriments essentiels aux enfants.

« Le problème est que les mères méconnaissent les aliments nécessaires à l’alimentation des bébés et ignorent l’importance de l’allaitement maternel exclusif », nous précise Pambro Rigobert, infirmier ayant examiné le bébé nomade. Le professionnel, qui est aussi responsable du Centre de santé de Niergui depuis 2013, ajoute que « les contraintes de nature culturelle et les mauvaises habitudes » sont parmi les causes les plus communes de malnutrition, récurrente dans cette partie du pays, malgré l’abondance de produits locaux nutritifs.

Interrogé sur les cas infantiles les plus fréquents au Centre de santé, Pambro Rigobert dit que le paludisme, les diarhées et la malnutrion» sont les cas les plus fréquents après les infections respiratoires aigües.

Dans ce contexte, l’infirmier souligne l’importance des partenaires techniques et financiers (comme le Fonds Français Muskoka) dans la réduction de la mortalité infantile, qui « apportent des médicaments, suppléments alimentaires et moustiquaires imprégnées d’insecticide, entre autres matériels de soutien ».

Ces partenaires, explique le spécialiste, « contribuent également à la formation et à l’équipement de relais communautaires – agents de santé volontaires qui se rendent dans les villages pour conseiller les familles et identifier les problèmes de santé maternelle et infantile ». Les relais communautaires jouent un rôle important dans la prestation de soins de proximité, tant au niveau de la population qui vit dans des villages reculés ou difficiles d’accès, qu’au niveau des communautés nomades, dont la tradition dit qu’un nouveau-né ne doit pas abandonner le campement pendant les 40 premiers jours de vie.

« Nous sommes très contents du travail des relais communautaires », dit Ismael – voisin de Haoua – berger nomade, et récemment père pour la première fois. Tout comme Haoua, Ismael s’est installé avec sa famille dans le Ferrique Kadam et cultive des céréales comme le sorgho et le sésame.

Suivant les recommandations des relais communautaires, le bébé est nourri au sein maternel et Ismael sait qu’il peut – et doit – se rendre au Centre de santé de Niergui si nécessaire. « Nous sommes heureux quand nous voyons arriver des agents, nous les recevons toujours à bras ouverts ».

Emerveillés par le paysage et par cette histoire de victoire contre la malnutrition, nous partons de Ferrique Kadam pendant que Haoua prépare une bouillie à base de cacahouètes pour Halimé, qui après avoir beaucoup joué, réclame à manger d’un regard somnolent.

logo muskoka.png